Familles monoparentales : trouver sa place

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Alors que nous assistons à la recrudescence des
familles monoparentales, il est indéniable qu'elles imposent de définir de nouveaux fonctionnements familiaux.
Les places
Dans les
familles monoparentales, les places occupées par chacun sont rendues floues par la vacance d'une ou plusieurs personnes fondamentales. Ainsi par exemple, l'absence de l'homme entraîne un vide à plusieurs niveaux : dans la vie de la mère (amant) et dans la vie des
enfants (père). Il serait erroné de penser que c'est l'absence qui crée à elle seule les difficultés. C'est sans compter sur les modifications inévitables de la
place du
parent présent et de celle des enfants. En effet, face à l'absence, tous les membres de la
famille tentent de s'adapter. Le
parent restant souhaite répondre à tous les besoins des
enfants tandis que les enfants essaient de satisfaire leur parent resté seul. Nous assistons à un resserrement des
relations et, souvent ensuite, à la naissance de tensions.
Assurer le cadre
Ce qui semble difficile dans le contexte de la
famille monoparentale c'est d'assurer l'autorité. Beaucoup de
parents sont dans la
culpabilité de ne pas avoir apporté un cadre "normal" à leurs enfants. Ainsi, ils s'interrogent sur le bien-fondé de faire preuve de rigueur et d'autorité face à un
enfant qu'ils imaginent fragilisé par la situation. Ce qui est en jeu là-dedans à avoir avec la
culpabilité parentale mais pas avec les besoins de l'enfant. L'enfant a
besoin que les places soient claires, pas d'avoir des faveurs liées à sa situation. Il est en attente de rencontrer un parent authentique et à sa place. En aucun cas, il n'a
besoin que l'un des
parents palie l'autre. Ce serait pour lui source de confusion.
Place familiale vs place personnelle
La place occupée dans la famille ne doit pas faire oublier celle que nous tenons dans notre psychisme. Trop souvent dans les familles monoparentales, nous nous sentons obligés de compléter, de pallier. Pourtant, nous ne pouvons être fiables, stables que lorsque nous sommes réjouis sur le plan inconscient, que nous nous sentons là où notre
désir nous l'indique. Il est rare que nous puissions nous satisfaire de jouer tous les rôles. Nous sommes faits pour nous assembler avec les autres, pour entrer dans une dialectique qui rend nos postures mouvantes, qui nous font nous sentir vivants.
Tout le monde dans la famille souffre si chacun se voit dicter un rôle pour correspondre aux
désirs inassouvis liés à l'absent. Il est plus supportable pour tous de prendre conscience du manque que de le nier car ce déni vient annuler l'importance de l'absent(e). Il en fait un non-dit, une
souffrance voilée qui pourra ressurgir. A l'inverse, en reconnaissant nos limites, nous pouvons rassurer l'autre et principalement l'enfant qu'il n'a pas à être quelqu'un d'autre pour nous satisfaire.