Les articles traitant de l’investissement des enfants envers l’enseignement sont, presque toujours, axés sur la négative. Pourtant, de tous temps, il a existé et existe toujours des élèves pour qui l’école est une véritable source de motivation.
« Le goût d’apprendre vient des parents alors que la façon d’apprendre vient de l’école, écrit Christiane Olivier, psychanalyste et auteure de l’ouvrage ‘Parents, faites lui aimer l’école !’. Il est en effet indéniable que les rapports de l’enfant à l’environnement, dépendent en grande partie de la façon dont les adultes ont de considérer cette relation : des parents trop autoritaires qui se refusent à donner la moindre explication sur le monde ou sur leurs comportements, sont tout à fait toxiques pour la curiosité intellectuelle. Le message transmis est bien celui ‘qu’il n’y a rien à comprendre’.
A l’inverse, des parents qui répondent aux besoins d’apprendre et de découvrir, désirs innés chez tous les enfants, le confortent dans sa position d’apprenant, soutiennent son souhait de comprendre en même temps qu’ils lui permettent de prendre confiance en lui : comprendre est en effet un moyen de maîtriser son environnement et donc de grandir en autonomie.
L’entrée à l’école élémentaire puis au collège peut (et doit ?) donc être le relais de la volonté des parents de transmettre des connaissances et encore davantage de découvrir le monde. En ce sens, les méthodes pédagogiques employées par les professeurs doivent également être axées sur cette curiosité et non sur une sorte d’imposition de savoirs dénuée de sens.
L’Homme est un être sociable, les relations aux autres et son intégration au sein d’une communauté sont des éléments indispensables à son bien être. L’école est le premier lieu de socialisation, elle permet à l’enfant de découvrir des relations affectives différentes de celles établies avec les parents mais aussi de rencontrer d’autres enfants de son âge, ce qui, si l’on exclut les jumeaux, est une première pour chacun d’entre eux.
Le milieu scolaire représente également un apprentissage des règles du ‘vivre-ensemble’ et pose donc les bases de la future vie dans la société. Les notions de justice, d’égalité, de confrontation aux premières ‘lois’ mais aussi de respect des autres prennent forme dés cet âge et permettent aux enfants d’évoluer dans un cadre affectivement neutre.
De plus, le développement des groupes amicaux autour des enfants leur permette de poursuivre la maturation de leur identité. Ils n’appartiennent plus au seul groupe familial mais aussi à leur ‘bande’ d’amis. Ils y acquièrent un rôle particulier qui leur permet de se sentir responsable de… ou encore utile pour tel ou tel camarade etc … L’ensemble de ces relations tend à poursuivre le développement de leur estime de soi.
Nous l’avons vu, un grand nombre d’enfants apprécie l’école, non pour sa seule vocation à transmettre des connaissances, mais aussi pour son organisation sociale et communautaire. Il existe toutefois une troisième sorte d’attrait et de bienfait permis par l’école : il s’agit de la relation au(x) professeur(s).
L’enseignant est en effet l’un des premiers adultes à ‘s’occuper’ de l’enfant en dehors de ses parents. Il se présente donc comme l’introduction d’un tiers dans la relation duelle ‘enfant-parents’ et offre à l’élève une nouvelle forme de parole symbolique.
Dans les cas de maltraitance, la présence de ce tiers peut permettre à l’enfant d’oser parler des violences subies (implicitement ou explicitement). La parole du professeur devient alors symbole de la protection de la République, tandis que l’école passe d’une institution attrayante à une institution ‘sauveuse’ pour l’enfant.