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Cours de Psychologie
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2 - Historique et aspects épistémologiques

  • Spécificités

La psychologie différentielle est une discipline de la psychologie dont l’objet est l’étude des différences inter-individuelles et la découverte de leurs causes. Elle se donne également pour objectif l’obtention de données fiables scientifiquement.

Elle se différencie de :

  • la psychométrie qui correspond à l’ensemble des méthodes permettant la mesure des différences inter-individuelles telles que les tests mentaux
  • la psychologie expérimentale qui cherche à déterminer les plus petites différences entre plusieurs individus
  • la psychophysique qui est l’étude des relations quantitatives entre des évènements physiques et psychologiques
  • la psychologie du développement qui s’intéresse aux modes de résolution en fonction de l’âge
  • la psychologie clinique qui renvoie à l’ensemble des méthodes cliniques appliquées à la psychologie
  • Aspects historiques
  1. L’étude de l’héritabilité des comportements

Elle se développa par crise successive à compter de la seconde moitié du 19ème siècle et de la naissance du scientisme, en opposition à la philosophie et à la religion, mouvement affirmant que la science était en mesure de résoudre à l’ensemble des problématiques existantes. Dans cette période, les écrits de Fechner définissant l’Homme comme une nature double (physique, le corps, et psychique, l’âme) constituèrent un premier palier, alors que le second fut franchi par Wundt en créant le premier laboratoire expérimental.

Le darwinisme se définit comme la seconde étape fondamentale, il étudie l’évolution des espèces, la sélection naturelle et les mutations, véritables preuves de l’adaptabilité des êtres vivants. Selon cette théorie, l’intelligence est perçue comme un élément d’adaptation de l’Homme vis-à-vis de son environnement.

  1. Francis Galton (1822-1911)

Homme de science britannique, il multiplia les travaux en anthropologie, exploration, géographie, météorologie, proto-génétique, psychométrie et statistique. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie différentielle car il fit le lien entre la théorie de la sélection naturelle et les recherches mathématiques.

Ses études portèrent donc sur la transmission des caractères héréditaires et sur la recherche de d’une capacité à prédire des évolutions. Il s’attacha également à l’étude du phénomène de corrélation, c'est-à-dire sur la façon dont la loi de probabilité d'une variable aléatoire dépend de la valeur supposée fixée d'une autre variable aléatoire.

Il réalisa notamment une expérience afin de tester l’hérédité de l’intelligence.  Son hypothèse était que les performances d’enfants variaient de la même façon que celles de leurs parents. Il fit donc passer un ensemble de tests à des parents et enfants, ainsi qu’à des parents et des ‘non-enfants’. Ses résultats démontrèrent effectivement des corrélations mais celles-ci pouvaient être dues à l’éducation des parents et constituer une preuve d’hérédité sociale et non génétique.

Galton se tourna donc vers une population d’enfants jumeaux, la moitié sélectionnée étant des homozygotes et la seconde des hétérozygotes. Une vérification de son hypothèse devait ainsi se traduire par de meilleurs résultats chez les jumeaux homozygotes. Bien que la faiblesse de son échantillon limite ses résultats, des corrélations furent observées, y compris lorsque les jumeaux homozygotes furent élevés dans des milieux différents.

  1. Les études portant sur les jumeaux
  1. L’hypothèse de Luria

L’objet de l’étude porte sur la part d’hérédité ou d’éducation intervenant dans le développement humain. Luria prit donc comme sujets, une population de jumeaux ayant développé un langage cryptophasique (forme de retard en matière d’acquisition du langage concernant des jumeaux ayant élaboré leur propre mode de communication, incompréhensible par toute autre personne).

Son hypothèse est la suivante : le langage cryptophasique doit rester insensible à toute forme de rééducation s’il est effectivement inné. Il sépara donc des jumeaux ayant développé cette caractéristique et apporta à certains une rééducation orthophonique massive.

Résultat : après 6 semaines, leur langage était devenu normal. Ce résultat confirme donc que le langage cryptophasique est lié au vécu gémellaire et non à l’hérédité.

  1. L’hypothèse de l’égalité de l’environnement (voir travaux d’Elisabeth Spitz 1994)

Elle considère que les jumeaux sont élevés dans le même environnement puisqu’ils naissent au même moment de l’histoire d’une famille. Si cette hypothèse est exacte, alors les différences relevées entre les jumeaux monozygotes et dizygotes représenteraient bien une mesure de l’impact génétique.

Or les recherches montrent que les deux types de jumeaux ne grandissent pas dans le même milieu : les monozygotes se ressemblent en effet tant que les réactions des parents, de la famille mais aussi des amis ou professeurs d’école sont quasiment égales. On sait en effet que les réactions envers un individu sont largement conditionnées par leurs caractéristiques physiques. Les jumeaux monozygotes ont donc un environnement beaucoup plus proche que des jumeaux hétérozygotes.

  • La mesure en psychologie
  1. Mesure et modèle mathématiques

On utilise le terme de postulat pour définir un énoncé considéré comme vrai sans démonstration. Il doit cependant respecter une règle de non-contradiction et de non-recouvrement.

Le théorème est vérifié si le postulat est vrai. Il n’a pas de rapport avec la réalité objective du monde car il est logique mais non-empirique. Rappelons en effet que les mathématiques sont une invention et non une découverte.

La courbe de Gauss est un modèle mathématique non vérifiée, on ne peut donc dire qu’elle est une courbe biologique ou psychologique.

En psychologie, la mesure est considérée comme l’assignement de nombre à des objets ou des évènements, conformément à des règles. L’énoncé est un ensemble de signes (du langage) organisés de façon à leur donner sens.

Il est donc possible d’utiliser les nombres lorsque leurs propriétés sont parallèles aux propriétés des évènements et objets auxquels on les applique. Certaines données psychologiques ne relèvent donc pas de mesures scientifiques, nous pouvons citer les affects et les émotions : on déduit en effet un score sur une échelle, et non un trait de personnalité.

  1. Les propriétés des nombres utilisés en mesure

Les nombres doivent en effet posséder trois propriétés pour être exploités en mesure :

  • l’identité :

a = b ou a ≠ b ;  si a = b alors b = a, si a = b et b = c alors a = c

  • l’ordre :

             Si a >b alors bsi a>b et b>c alors a>c

  • l’additivité :

Si a = p et b>0, alors a+b >p                 (a+b)+c = a+ (b+c)

A+b = b +a                      a = p et b = q alors a + b = p + q

 

Dans toute science, l’hypothèse de l’application des nombres est difficile à démontrer. La psychologie, comme toute autre science, a donc créé son système de neutralité. Il existe 4 échelles de mesure, chacune contenant 4 niveaux de mesure et reposant sur des postulats qui ont trait à l’identité, l’ordre et l’additivité.

  • Les niveaux de mesure

Il existe donc 4 échelles allant de la plus basse à la plus haute en termes de puissance heuristique (fait d’apporter des connaissances sur la réalité).

  1. Les échelles nominales

On y utilise les nombres comme des étiquettes d’une classe ou d’une catégorie : tous les membres d’une classe doivent donc se référer au même nombre et deux classes ne peuvent renvoyer au même nombre.

Le postulat voudrait que les membres de chaque groupe soient identiques, mais cette égalité est bien difficile à obtenir en psychologie, notamment lorsque le caractère étudié est précis. L’égalité peut donc apparaître en considérant les seuls chiffres mais elle ne se traduira pas forcément au niveau social ou mental. Or l’égalité est indispensable à une étude scientifique de la psychologie, et sans laquelle elle se réduirait à des études de cas.

L’expérimentateur devra donc se montrer particulièrement vigilant dans la définition des différences inter-sujets ainsi que dans les problématiques de recouvrement.

  1. Les échelles ordinales

Elles exploitent les propriétés d’ordre des nombres pour classer les évènements ou les sujets et requièrent des méthodes statistiques spécifiques.

La médiane est la valeur de la variable pour laquelle la fréquence cumulée est de 50%.
Le rang centile est la valeur de la variable pour laquelle la fréquence cumulée est de 1% : le trentième centile correspond donc à la note obtenue par 30% des élèves, le 8ème centile, à la note obtenue par 80% des élèves etc…

Le coefficient de corrélation par rang nous renseigne sur le degré d’ajustement de deux séries ordonnées.

  1. Les échelles d’intervalles

Il s’agit d’échelles qui considèrent un attribut précis des objets classés. L’ordre des rangs de l’objet est connu, ainsi que la distance qui sépare deux objets. En revanche, on ne sait rien de la grandeur absolue de l’attribut.

  1. Les échelles de rapport

Elles sont des cas particuliers des échelles d’intervalles. Ici, les intervalles sont en effet calculés par rapport à un point 0 connu. Elles permettent donc d’appliquer toutes les opérations mathématiques fondamentales car les rapports entre les points restent constants. Il s’agit donc d’un système métrique.

  • Les modèles d’échelonnement
  • Fondements

Un échelonnement n’est possible qu’à la condition que les conduites soient cohérentes et respectent donc des règles. L’échelle est donc un système de mesure dit scalaire. Son objectif est d’établir un continuum sur lequel tout objet ou sujet pourra être localisé. Sa matrice est donc tridimensionnelle :

matrice est donc tridimensionnelle

  • L’échelonnement des scores

Le score se définit comme une évaluation chiffrée d’une réponse, on peut donc considérer que l’échelonnement des scores revient à un échelonnement des réponses des stimuli. Il peut s’agir d’apprécier l’intensité d’un son, dans l’objectif de constituer un continuum de perceptions de l’intensité sonore. Mais attention, l’individu fait partie du processus de mesure et il existe donc une variabilité inter-individuelle.

  • L’échelonnement des réponses
  1. Les échelles ordinales

La méthode peut être celle des rangs et se baser sur la propriété d’ordre : du plus petit au plus grand.

Il peut s’agir d’une méthode de comparaison par paire dans laquelle toutes les combinaisons sont possibles deux à deux.

Une autre méthode consiste à utiliser des stimuli constants : on détermine un poids étalon auquel on compare les autres poids.

Enfin, il existe la méthode des catégories successives dans laquelle le sujet doit rassembler les stimuli de diverses catégories puis les ordonner selon un attribut spécifique.

  1. Les échelles d’intervalles

On distingue la méthode des intervalles apparemment égaux. On les dit ‘apparemment’ égaux dans la mesure où ils ne le sont pas pour la plupart des personnes, du fait des inductions d’opinions.

On trouve également la méthode d’estimation d’intervalles dans laquelle on demande aux sujets de construire leur propre échelle d’intervalles.

  1. Les échelles de rapport

Dans ce cas, le sujet doit donner des réponses relatives à la grandeur absolue du stimulus.

  • Les réponses
  1. Jugements et sentiments

Les jugements sont des types de questions ou de stimuli pour lesquelles il existe une réponse concrète, alors que les sentiments sont des types de questions concernant des réactions personnelles.

Il n’existe pas de recouvrement entre réponses de sentiment ou de jugement.                                                                                          

  1. Les réponses comparatives et réponses absolues

Les réponses absolues sont des types de question auxquels il existe une et une seule réponse (ex : quelle est la longueur en cm de cette ligne ?).

Les réponses comparatives sont des types de questions telles que ‘préférez vous un hot dog ou un hamburger ?’ Nos jugements absolus sont souvent approximatifs alors que nos jugements comparatifs sont très précis. Dans le cadre des évaluations affectives, les réponses absolues sont intéressantes (échelle d’attitude).

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