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Cours de Psychologie
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2 - Champ d’étude et méthodes de la psychologie sociale

  • Champs d’étude
  1. Rappel de définition

La psychologie sociale s’est fixée comme champ d’étude l’analyse systématiques des modes de pensée, des conduites humaines et des communications entre les individus, compte tenu du fait que ces individus sont insérés dans une réalité sociale et qu’ils en ont une représentation, ce qui a une influence directe sur la façon qu’ils ont de traiter les informations qui leur proviennent du milieu extérieur et donc sur leurs comportements.

  1. Domaines de recherche

Ils sont très nombreux et se répartissent en différentes catégories parmi lesquelles les plus importants concernent :

  • la communication entre les groupes sociaux, à l’intérieur de ces groupes ou entre les individus
  • le racisme
  • les attitudes, opinions et stéréotypes
  • les phénomènes d’influence sociale
  • la psychologie sociale du travail
  • Méthodes d’investigation
  1. L’étude d’archives et de documents

Utilisée pour réaliser des recherches sur un thème particulier, l’étude de documents porte sur un ensemble d’éléments appelés corpus, c'est-à-dire les documents qui sont soumis à l’épreuve.

Ces documents sont issus d’une époque antérieure et permettent alors d’établir une comparaison, ou sont contemporains de l’époque du chercheur et se destinent à l’approfondissement d’un sujet de recherche.

Cette méthode comporte un certain nombre de limites, telle la sélection des documents qui implique un risque de subjectivité de la part du chercheur mais aussi de la part de son auteur. L’analyse risque alors de se baser sur des données non représentatives. Par ailleurs, l’accès aux documents est un frein important, tout comme la lourdeur général d’un tel dispositif. Enfin, les archives constituent un accès indirect aux opinions.

  1. Les méthodes d’observation

L’observation peut tout d’abord être directe ou indirecte. La première consiste en un enregistrement au moment de l’émission du comportement, la seconde à un enregistrement du comportement par un médiateur humain ou mécanique

L’observation peut également être naturelle ou participante. Elle est dite naturelle lorsque l’observateur se tient à l’écart de façon à limiter les réponses réactives, à l’inverse, elle est participante si l’observateur se mêle au groupe, comme c’est le cas en ethnologie par exemple.

Les expériences ont montré qu’il était préférable de se mêler à un groupe pour mieux le comprendre, notamment parce qu’il existe toujours des réponses réactives, même dans le cas d’une observation naturelle (vois l’effet Hawthorne).

L’exploitation d’un temps d’observation requiert une grille d’observation afin d’enregistrer les comportements :

Nom du comportement

Définition du comportement

Sujet 1

Sujet 2

Sujet 3 …

A

 

x

 

x

B

 

 

A

 

C

 

 

x

A

X : comportement présent
A : comportement absent

Limites :

  • L’analyse des représentations individuelles est indirecte car elle se base sur les indices donnés par les attitudes
  • Les variables en jeu ne peuvent être contrôlées, des variables parasites peuvent donc intervenir et les hypothèses dépendre des évènements
  • Les corrélations entre les variables sont une limite car l’interprétation peut mettre en évidence des corrélations de variables mais pas de relations causales
  1. L’enquête
  1. Préparation

Au travers de techniques d’interrogation, l’enquête cherche à atteindre de la façon la plus directe possible, les motivations, les attitudes ou encore les représentations des individus.

L’enquête comporte une phase qualitative contenant des entretiens d’observation (élaboration et passation) puis une phase quantitative comprenant les questionnaires et des entretiens d’exploration. La phase qualitative se base sur un échantillon très important afin d’obtenir un certain degré de représentativité, alors que la phase d’exploration porte sur un échantillon contrasté, caractérisé par des représentations égales des différentes strates de la population visée par l’enquête.

  1. Les entretiens

Les entretiens peuvent être :

  • non directifs : le psychologue ne dirige pas l’entretien, il ne pose pas de question et se contente de reformuler, de résumer ou de répéter
  • semi directifs : l’entretien se déroule selon un canevas de questions consignées dans un guide d’entretien allant d’une interrogation générale vers des questions centrées (guide en entonnoir). Le psychologue peut également poser des questions spontanées et précises. En dehors de ces interventions, il utilise les techniques d’entretien non directif
  • directif : l’entretien directif est théoriquement composé de questions précises préparées à l’avance, il s’agit d’un échange de questions/réponses, proche de la méthode du questionnaire
  1. Les questionnaires

Il existe différents modes de passation :

  • auto-administrés : l’enquêté remplit lui-même sa feuille de questionnaire, reçue par voie postale (retour faible et erreurs probables) ou transmise de la main à la main en face à face
  • hétéro-administrés : la feuille de questionnaire est remplie par l’enquêteur soit par téléphone, soit en face à face. Dans ce cas, les réponses du sujet peuvent être orientées pour donner une meilleure image de lui

Les questions peuvent être fermées et comporter trois réponses possibles (oui, non, ne sait pas) ou ouvertes lorsque c’est le sujet qui rédige sa réponse. Cette dernière formulation est cependant peu utilisée, notamment car elle implique un temps d’exploitation très important.

Les questionnaires peuvent également se présenter sous la forme d’un QCM, sur lequel l’individu coche la ou les réponses correspondant à sa pensée, ou sous la forme d’échelles d’attitudes présentées comme un continuum.

Limites :

  • les variables ne sont pas maîtrisées, laissant place à des parasites notamment liés à l’estime de soi
  • l’interprétation se limite à des corrélations entre variables
  • l’organisation du questionnaire peut entraîner des biais tels que l’effet de Halo.

Expérience : effet de Halo, datée de 1975 et réalisée par Clifford

Sujets : enseignants
Tâche : Evaluer des enfants selon plusieurs dimensions d’après leur photo (jugement d'intelligence, évaluation des chances de succès à l'école, évaluation de l'intérêt probable de leurs parents pour leurs activités scolaires)

Résultat : les enfants jugés ‘beaux’ sont perçus par les professeurs comme plus intelligents, disposant de davantage de chances de réussite scolaire et ayant des parents plus investis dans leur apprentissage.

L’effet de Halo est donc un biais cognitif par lequel une caractéristique positive ou socialement désirée et attribuée à un individu, tend à conférer à ce dernier, un ensemble de traits positifs a priori indépendants.

Le processus inverse existe également concernant les caractéristiques négatives et se retrouve particulièrement dans les processus de création des jugements racistes. 

  1. L’expérimentation

L’expérimentation est une situation provoquée par un expérimentateur et dans laquelle il contrôle un certain nombre de variables, dites variables indépendantes et en neutralise d’autres, dites variables contrôlées. Il mesure l’effet de cette manipulation sur les conduites des organismes observés, ces conduites étant nommées variables dépendantes.

Limites : sur le terrain, il n’est pas possible de contrôler toutes les variables. C’est le cas en laboratoire mais les situations sont alors superficielles.

  • Principales orientations théoriques
  1. Le courant béhavioriste
    1. Présentation

Il est fut initié par Watson en 1910 et apparut en France à compter des années 30. Il se développa en réaction aux méthodes introspectives. L’introspection se définit comme une connaissance de soi, réalisée par soi-même. Elle fut très utilisée par les philosophes qui s’auto-observaient et inféraient des lois générales afin de comprendre le comportement des individus. Cette démarche était donc particulièrement subjective.

Le béhaviorisme trouve son origine dans les travaux de Claude Bernard en médecine sur la méthode expérimentale ainsi que dans les études de Pavlov sur le conditionnement au début du XXème siècle.

Les béhavioristes nient donc l’importance du traitement de l’information opéré par le sujet lorsqu’il est confronté aux stimulations extérieures. Ils schématisent donc le stimulus puis la réponse, intervenue telle un réflexe : 

Selon les théories béhavioristes, tout comportement est explicable et modifiable grâce à l’analyse ou à la manipulation des caractéristiques de l’environnement.

  1. Béhaviorisme et psychologie sociale

Le béhaviorisme permit de passer d’une étude de l’individu en termes d’émotions et de motivations (philosophie) à des recherches expérimentales basées sur un recueil de données et un souci de preuves.

  1. Le gestaltisme

Il s’agit d’un courant contemporain du béhaviorisme mais qui s’y oppose dans la mesure où il attribue une grande importance aux activités mentales des individus, qui sont indispensables à la compréhension de la signification de la réponse émise par le sujet :

L’individu est un médiateur.

Aujourd’hui, le schéma utilisé est le suivant :

On considère en effet que le sujet possède des a priori sur le stimulus avant de le percevoir et ne le traite pas de façon objective : en cela, ce schéma se rapproche d’une théorie cognitiviste.

Le gestaltisme met donc l’accent sur les activités mentales alors que le béhaviorisme associe le comportement au renforcement.

  1. Le cognitivisme

Né dans les années 60, il se centre sur le sujet en tant que système de traitement de l’information. Les cognitivistes recherchent donc les mécanismes cognitifs à l’origine de l’émission d’un comportement ou d’un jugement.

On peut citer, entre autres, le phénomène du faux consensus, c'est-à-dire le fait que les individus ont tendance à considérer que leur façon d’agir est plus répandue que la tendance inverse, et ce, en l’absence de statistiques.

  1. La théorie des rôles

Elle fut initiée par George Herbert Mead, sociologue puis développée par Ervin Goffman. Cette théorie défend l’idée que nos comportements et nos points de vue, dépendant des rôles sociaux que nous avons intériorisés.

Ils développèrent les concepts de :

  • Statut : le sujet occupe un ensemble de places dans le système social. Ces positions lui confèrent des droits et des devoirs, qui dépendant du sexe, de l’age, des liens familiaux, de la race ou encore du métier
  • Rôle : Il renvoie aux attentes développées par les individus en ce qui concernent les conduites d’autrui ainsi que les leurs (rôle de père, de médecin etc…). On distingue le rôle prescrit (ce que l’on doit faire compte tenu de son statut), le rôle induit ou subjectif (ce que l’individu croit devoir faire) et le rôle effectif ou mis en acte (ce que l’individu fait réellement et qui peut être différent des caractéristiques des rôles prescrit et induit)
  • Conflit de rôles : survient lorsqu’un individu est amené à endosser un ou plusieurs rôles simultanément alors même que ces rôles sont incompatibles. Le conflit est d’autant plus aigu que les rôles endossés contiennent un faible nombre de prescriptions communes et que la marge de déviance autorisée par chacun des deux rôles est faible.
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