La multitude des agressions subies par les policiers démontre une profonde mutation des représentations portées par la société sur les agents de la force publique...
La police : une institution au cœur de la République
La police nationale représente une organisation comprenant plus de 145 000 salariés dont : 119 182 agents dits ‘actifs’ et 15 366 fonctionnaires d’encadrement et de direction/conception. Placés sous l'autorité du Directeur Général de la Police Nationale lui-même nommé en Conseil des Ministres, les 145 820 agents se répartissent selon une organisation complexe de 17 directions et entités différentes.
S’il est certain que la réalité du travail des policiers dépend en partie de leur affectation et de la mission qui leurs est confiée, il existe aussi un socle commun à chacun d’entre eux. Ce ‘cœur de métier’ trouve ses racines dans le fondement même de la société française. En effet, c’est la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, inscrite dans le préambule de constitution française, qui a défini la philosophie de l'action policière. Son premier article affirme que « la sûreté fait partie des droits inaliénables et imprescriptibles de l'homme » et le douzième que « la garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».
C’est donc l’évolution de la société française et de ses besoins qui fut à l’origine de la création de la Police Nationale et du développement de ses métiers, la posant ainsi comme une autorité formelle, imposant des règles (les lois) et plaçant ses agents comme des repères de figure paternelle, faisant la part entre le bien et le mal. L’évolution des besoins de la société française est donc intrinsèquement liée à l’évolution des missions de la Police Nationale, et par la même, à l’évolution de ses métiers et de la réalité du travail des agents.

