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Infécondité : accepter l’injustice

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S’il est devenu habituel de rencontrer des couples qui se heurtent à une stérilité involontaire après plusieurs années d’utilisation de moyens de contraception, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une situation souvent particulièrement difficile à vivre. Il en va de même lorsque le diagnostic est établi à l’occasion d’examens réalisés dans un autre contexte (maladies, infections…).
 

Tenter de comprendre la blessure

Pour appréhender les enjeux psychiques, il peut être intéressant de comprendre le problème non seulement à partir de la cause de l’infertilité, mais aussi à travers le problème de l’absence d’enfant. La bonne compréhension de la source (génétique, maladie, accident…) autorise en général une première prise de distance, si mince soit-elle, avec la culpabilité qui peut se développer quant à l’impossibilité de procréer. La réflexion sur le degré de désir d’enfant et ses origines permet le plus souvent de prendre conscience des véritables enjeux qui sous-tendent ce désir. Selon le cas, il sera alors possible de s’orienter éventuellement vers les palliatifs les mieux adaptés (projet d’adoption, de procréation médicalement assistée…) (1).
 

Une atteinte à l’image de soi

Le désir d’enfant est un phénomène complexe chez l’être humain. Il entre en résonnance avec différentes dimensions : le devoir (exprimé ou implicite) de perpétuer la tradition familiale, la preuve de notre capacité à faire des enfants (associé encore, de façon plus ou moins inconsciente, au fait d'être une « vraie » femme ou un « vrai » homme), etc. Autant d’éléments qui peuvent porter atteinte à notre propre estime et engendrer un sentiment d'anormalité, de dévalorisation. Dans de nombreux cas, le travail sur soi et la verbalisation se révèlent d’un grand apport pour sortir de l'auto-dénigrement et intégrer que l’incapacité de procréer n’empêche en rien d'être une personne de valeur, de qualité et capable de se réaliser avec plénitude.
 

Comment accepter

Vivre une stérilité représente l'une des expériences les plus difficiles de l’existence ; cela peut s'apparenter à un travail de deuil... Deuil d’un enfant qui aurait porté l’histoire familiale de l’individu et du couple mais aussi deuil d’un enfant dont les deux parents auraient aimé qu'il grandisse à leurs côtés... De fait, réaliser ces différents deuils nécessite un travail de mise en conscience et d’élaboration psychique. Tout cela ne peut se faire dans l'instant, dans l'urgence et nécessite du temps, de la patience et du courage...


(1) Sophie Le Callennec, L'adoption : du projet à l'enfant, éditions Vuibert (2006)
 

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