La mémoire du corps : quand le passé s’inscrit dans la chair
On pense souvent à la mémoire comme un processus mental, un souvenir que l’on raconte. Mais il existe une mémoire plus silencieuse, plus archaïque : celle du corps. Douleurs chroniques, tensions inexpliquées, réactions émotionnelles disproportionnées… Parfois, le corps se souvient de ce que l’esprit a oublié. En psychogénéalogie comme en thérapies psychocorporelles, on reconnaît que des événements vécus — ou transmis — peuvent s’imprimer dans les tissus, les muscles, les postures. Et que cette mémoire enfouie peut influencer nos choix, nos blocages, nos états intérieurs. Un corps qui garde la trace Traumatismes, chocs émotionnels, conflits refoulés : le corps n’efface rien. Il enregistre ce qui n’a pas pu être exprimé,…
Quand je me sens responsable du mal-être des autres
Certaines personnes souffrent, et immédiatement, quelque chose se réveille en nous : une inquiétude, une culpabilité, un besoin de réparer.…
Que mesure le quotient émotionnel (QE) ?
Longtemps, l’intelligence a été réduite à sa dimension rationnelle, mesurée par le fameux QI. Pourtant, depuis les années 1990, une…
La claustrophobie : analyse d’un espace qui se referme
La claustrophobie est souvent abordée sous l’angle médical ou comportemental. Elle désigne cette peur irrationnelle et envahissante des lieux clos,…
Quand l’amour fait peur : pourquoi on sabote parfois le lien
On rêve de l’amour, on l’appelle, on le cherche… puis, quand il arrive, on s’éloigne, on doute, on abîme. Comme si ce qu’on désirait tant devenait soudain insupportable. Il existe une peur bien réelle de l’amour, souvent inconsciente, qui pousse certaines personnes à saboter une relation dès qu’elle devient intime ou engageante. Ce phénomène n’est pas une absurdité affective, mais le signe d’un conflit interne plus profond. Le désir de lien face au vertige de l’attachement Aimer suppose de se laisser toucher, de s’ouvrir à l’autre, donc de s’exposer. Et pour certains, l’attachement ravive des angoisses précoces : peur d’être abandonné, englouti, ou de disparaître dans la relation. Ainsi, dès que le lien devient trop…
Quand on me demande : « Et toi, c’est pour quand ? »
La question semble légère, presque affectueuse, posée avec un sourire ou une bienveillance feinte. Et pourtant, elle réveille souvent une gêne soudaine. "Et toi, c’est pour quand ?" fait mine d’être une simple curiosité. Mais elle porte en elle une injonction sociale forte, une norme…
Comment déconstruire le mythe du prince charmant
Idéaliser l’amour, c’est souvent en empêcher l’émergence. Derrière le fantasme du prince charmant, se cache moins une quête de l’autre qu’une tentative de réparer un manque ancien. L’attente d’un amour parfait devient alors une défense contre la rencontre réelle, toujours imparfaite. Ce mythe persistant façonne…
Être seul(e) et ne pas se sentir vide, un défi pour grandir
Il y a des solitudes pleines et des solitudes vides. Être seul.e n’est pas forcément souffrir ; ce n’est pas toujours un manque, une absence, une carence. Pourtant, pour beaucoup, le célibat active une sensation difficile à nommer : une sorte de creux intérieur, un…
Adolescence et transgression : pourquoi les interdits attirent ?
Pousser les limites, braver les interdits, défier les règles : ces comportements sont presque devenus des clichés associés à l’adolescence.…
Le rôle des parents face aux émotions de l’enfant : accueillir sans minimiser
Face aux larmes, colères ou peurs de l’enfant, la tentation est grande de vouloir rassurer rapidement ou détourner l’attention pour…
Refus de parler : que cache le silence de l’enfant ?
Lorsqu’un enfant se tait, refuse de répondre ou s’enferme dans un mutisme partiel, l’inquiétude grandit rapidement chez les adultes. Est-ce…
Le rôle inconscient des parents dans les peurs de l’enfant
Les peurs des enfants sont souvent attribuées à leur imagination débordante ou à des étapes normales de développement. Pourtant, une part invisible mais puissante se joue dans la manière dont les parents, parfois malgré eux, transmettent leurs propres angoisses. L’inconscient parental agit comme un miroir silencieux, reflétant des peurs non exprimées que l’enfant capte sans comprendre. Identifier ce mécanisme permet d’éviter que ces peurs héritées ne s’enracinent durablement. L’enfant capte ce que le parent tait Bien plus que les mots, l’enfant perçoit les tensions, les silences ou les gestes d’évitement. Par exemple, un parent anxieux face à l’inconnu – même s’il affiche un sourire rassurant – peut transmettre une peur diffuse de la nouveauté. L’enfant, très sensible au non-verbal, intériorise…
Comment s’épanouir sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux sont souvent associés à la comparaison, à la superficialité, voire à la dépendance. Mais ils ne sont pas condamnés à épuiser ou déformer le lien à soi et aux…
Faut-il démythifier le général De Gaulle ?
Il est sans doute le personnage politique le plus unanimement sacralisé de l’histoire française contemporaine. Général, résistant, fondateur d’une République, père de la nation : Charles de Gaulle semble figé dans une…
Faut-il encore lire la presse papier ? Un usage devenu acte de résistance
À l’heure des écrans omniprésents, des alertes permanentes et des flux ininterrompus, la lecture de la presse papier apparaît presque comme un geste archaïque. Et pourtant, de plus en plus de lecteurs…
Changer de classe sociale : pourquoi le corps résiste à l’ascension ?
Changer de classe sociale est souvent perçu comme une victoire individuelle. Réussir à s’élever au-delà du milieu dont on est issu suppose un effort de transformation, un dépassement de soi. Mais ce…
Se battre pour une cause, fuir sa propre histoire ?
L’engagement pour une cause est souvent présenté comme un signe de générosité, de courage, de clarté morale. Mais il peut aussi fonctionner comme un écran : lorsque l’énergie tournée vers l’extérieur empêche toute confrontation avec une histoire intérieure restée en friche. Se battre pour une cause permet alors de déplacer un conflit plus intime, d’investir un combat collectif à la place d’un travail personnel, plus risqué, plus douloureux, plus incertain. L’extériorisation comme évitement psychique Lorsqu’un idéal devient envahissant, qu’il capte toute l’attention, toute l’énergie, toute la valeur personnelle, il peut masquer une fuite. Ce n’est pas la cause en elle-même qui est en cause, mais la manière dont elle est…
Solitude et idéal du moi : rester seul pour ne pas être déçu de soi
À première vue, rester seul peut sembler relever d’un goût personnel ou d’une quête d’indépendance. Mais dans certaines configurations psychiques,…
S’oublier dans la solitude : quand l’image de soi s’efface faute de lien
On pense souvent que la solitude permet de se retrouver. Mais lorsque celle-ci se prolonge au point de devenir l’unique…
Solitude choisie ou protection inconsciente ?
La solitude est parfois revendiquée comme un choix de liberté, un espace d’indépendance sereine. Mais derrière certaines affirmations d’autonomie, se…
Un humour omniprésent qui évite les sujets sensibles
Dans certaines équipes, tout se dit sur le ton de la blague. Les remarques sont formulées avec ironie, les critiques passent par des sous-entendus amusés, les tensions sont désamorcées par un trait d’esprit. Ce recours permanent à l’humour crée une ambiance légère, vivante, pleine de connivence apparente. Mais lorsque cette légèreté devient le seul langage possible, elle peut empêcher l’expression de ce qui est réellement ressenti. Le rire ne détend plus : il sert à détourner, à masquer, à repousser tout ce qui pourrait faire émerger une parole plus dense, plus intime, plus dérangeante. Un humour structurant mais parfois défensif L’humour a une fonction essentielle dans les groupes : il régule, soude, désamorce. Mais il…
Toujours vouloir bien faire : performance ou peur de décevoir ?
Certaines personnes vivent leur quotidien professionnel sous le signe d’une exigence permanente. Elles veulent bien faire, être reconnues pour leur sérieux, ne jamais laisser place à l’erreur. Cette attitude, souvent valorisée par l’environnement de travail, cache parfois une angoisse plus sourde : celle de ne…
Se perdre pour se retrouver : la fonction psychique de l’erreur d’orientation
Certaines erreurs d’orientation paraissent évidentes : une formation choisie “trop vite”, “sans conviction”, “par défaut”. Pourtant, lorsqu’on interroge ces trajectoires, on découvre parfois que la “mauvaise décision” n’est pas une faute, mais une permission déguisée : celle de pouvoir enfin bifurquer. L’erreur devient alors une…
Travailler sans plaisir : un malaise plus profond qu’il n’y paraît
De nombreuses personnes poursuivent un travail qui ne les satisfait plus, parfois depuis des années. Elles ne s’y épanouissent pas, ne s’y projettent plus vraiment, mais restent. La lassitude est présente, l’envie d’autre chose revient régulièrement, et pourtant, aucune bascule ne s’opère. On évoque alors…
Trouver sa force dans sa faille : le paradoxe de la fragilité féconde
Certaines douleurs nous brisent. D’autres nous déplacent, doucement mais profondément, jusqu’à réorienter notre rapport au monde. Il ne s’agit pas de glorifier la souffrance, mais de reconnaître qu’elle peut parfois devenir un point d’appui, non…
S’ouvrir à la détente : quand relâcher devient plus difficile que s’agiter
Pourquoi certaines personnes redoutent de lâcher prise.À première vue, tout le monde souhaiterait se détendre. Respirer, relâcher les tensions, se sentir plus léger. Mais dans les faits, certaines personnes trouvent l’idée même du repos inconfortable,…
Somatiser pour ne pas craquer : quand le corps encaisse
Certaines douleurs apparaissent sans cause médicale identifiable. Des maux persistants, des blocages étranges, une fatigue qu’aucun repos ne dissipe. Et si ces manifestations n’étaient pas un dysfonctionnement, mais une stratégie inconsciente ? Somatiser, ce n’est…
Compétition ou réparation ? Quand le sport devient scène de revanche
Sous ses dehors glorieux et codifiés, la compétition sportive offre bien plus qu’un terrain de dépassement personnel. Elle devient, pour certains, le théâtre d’une scène psychique plus ancienne : celle d’une revanche à prendre, d’un…
Redouter de décevoir en séance : que cache cette peur de mal faire ?
On n’y pense pas toujours, mais pour beaucoup de patients, venir en séance n’est pas un simple rendez-vous neutre. C’est…
Se réveiller fatigué : quand l’inconscient travaille la nuit
Il y a des matins où le corps se lève mais où l’âme reste couchée. Aucune dette de sommeil objective,…
Tout m’agace : irritabilité chronique ou douleur déplacée ?
Ce n’est pas une colère explosive, mais une tension continue. Un agacement quotidien, face à tout et à rien. Une…
Se sentir spécial pour son psy : que dit cette attente de reconnaissance ?
Dans le silence feutré du cabinet, quelque chose se noue parfois sans être dit. Le regard, l’attention, la régularité des rendez-vous : autant d’éléments qui peuvent éveiller un sentiment inattendu. Et si, parmi tous ses patients, le psy nous considérait un peu différemment ? Cette attente d’être unique dans le regard du thérapeute, même discrète, n’a rien d’anodin. Elle renvoie à des enjeux affectifs profonds, souvent issus d’un passé où la reconnaissance manquait, ou était conditionnelle. Une quête d’amour différencié Être « spécial » pour l’autre, c’est ne plus être interchangeable. Dans l’enfance, cela peut signifier exister vraiment pour une figure parentale, être vu au-delà des attentes ou des projections. La relation thérapeutique, par sa stabilité et son écoute, réveille…
Ces jeux vidéo qui nous apaisent sans que l’on sache pourquoi
Certains jeux vidéo n’ont ni objectif clair, ni tension dramatique, ni mécanique addictive. Et pourtant, ils apaisent. On y revient comme on retourne à un lieu familier, sans comprendre exactement ce qui nous y attire. Ils ne divertissent pas au sens classique, ils ne stimulent pas l’ego, ils ne racontent…
Œuvres répétitives : fascination ou défense obsessionnelle ?
Face à certaines œuvres, la répétition saute aux yeux. Formes dédoublées, motifs qui reviennent, structures sérielles, variations infimes. Cette insistance visuelle peut captiver, apaiser, intriguer ou irriter. Elle évoque parfois la rigueur, parfois l’obsession. Mais au-delà de l’effet esthétique, la répétition dans l’art active une résonance psychique particulière. Elle réveille…
L’enfant blessé dans les romans : miroir de nos vulnérabilités précoces
Certaines figures d’enfant blessé en littérature provoquent en nous une émotion immédiate, parfois bouleversante. Qu’il soit abandonné, humilié, rejeté ou simplement trop seul, cet enfant de fiction touche une corde particulièrement sensible. Pourquoi sommes-nous tant affectés par ces personnages ? Ce n’est pas seulement la compassion qui est en jeu,…
Le double inquiétant : le cinéma face à nos parts d’ombre
Depuis ses origines, le cinéma se fascine pour la figure du double. Personnage identique, reflet déformé, jumeau malveillant ou simple incarnation d’une facette cachée du héros : ce motif traverse les genres avec une force intacte. Mais pourquoi ces récits de duplication nous troublent-ils autant ? Parce qu’ils nous confrontent…





































