Les banlieues, la décolonisation et la société française
Parler des banlieues, c’est souvent parler de présent : de relégation, de difficultés sociales, de tensions visibles. Mais ce que l’on évoque moins, c’est l’histoire longue qui traverse ces territoires, et notamment le lien profond entre banlieue, mémoire coloniale et inconscient collectif français. Les effets de la décolonisation ne se sont pas arrêtés aux indépendances : ils se rejouent, silencieusement ou bruyamment, dans les trajectoires familiales, dans les récits absents, dans le regard porté sur ces quartiers. Une mémoire coloniale encore vivante La France a vécu la colonisation comme un projet politique, mais aussi comme un système de représentations qui a laissé des traces durables dans la culture. La décolonisation,…
Le pouvoir du récit intérieur : donner du sens
Chaque jour, nous vivons des émotions, des rencontres, des événements qui s’accumulent dans notre mémoire. Mais ces expériences, aussi marquantes…
Voyager pour se retrouver avec soi
On part souvent pour découvrir l’ailleurs. Un pays, une langue, des paysages. Mais parfois, le voyage ne parle pas tant…
Les émotions négatives
Colère, tristesse, jalousie, honte, peur… On les appelle « émotions négatives » comme si elles étaient à bannir, à combattre…
Être seul(e) et ne pas se sentir vide, un défi pour grandir
Il y a des solitudes pleines et des solitudes vides. Être seul.e n’est pas forcément souffrir ; ce n’est pas toujours un manque, une absence, une carence. Pourtant, pour beaucoup, le célibat active une sensation difficile à nommer : une sorte de creux intérieur, un flottement, parfois une angoisse. Non pas parce qu’il manquerait objectivement quelque chose, mais parce que le silence de la relation réveille un vide plus profond. Et si le vrai travail n’était pas de "combler" ce vide, mais d’apprendre à l’habiter ? Le vide comme trace, pas comme échec Ce vide que l’on ressent parfois dans la solitude n’est pas forcément lié à une absence actuelle. Il est souvent la réactivation…
Parent solo : exister en dehors du rôle sans culpabiliser
Le couple est terminé, mais la parentalité continue. On ne vit plus à deux, mais on n’est pas vraiment seul·e non plus. Être célibataire avec un enfant, c’est occuper une place particulière : celle d’un parent qui porte seul le quotidien, les émotions, les choix. Ce…
Profiter du célibat pour se réapproprier sa vie
Le célibat n’est pas toujours un choix, mais il peut devenir un tournant. Dans un monde où la vie amoureuse est souvent présentée comme le cœur de l’épanouissement personnel, vivre sans partenaire peut susciter gêne, doute ou vide. Pourtant, ce moment d’absence relationnelle n’est pas…
Quand on me demande : « Et toi, c’est pour quand ? »
La question semble légère, presque affectueuse, posée avec un sourire ou une bienveillance feinte. Et pourtant, elle réveille souvent une gêne soudaine. "Et toi, c’est pour quand ?" fait mine d’être une simple curiosité. Mais elle porte en elle une injonction sociale forte, une norme…
Parole parentale : éviter de projeter ses peurs en voulant rassurer
Dans le quotidien parental, il paraît naturel de vouloir protéger ses enfants de leurs peurs. La parole devient alors un…
Quand l’absence de désir d’enfant interroge l’inconscient
Dans un monde où le désir d’enfant est souvent présenté comme une évidence universelle, ne pas ressentir ce désir peut…
Jeux vidéo des ados : quand la passion devient addiction
Les jeux vidéo font partie intégrante de l'univers des adolescents et jeunes adultes. Source de plaisir, de défi et de…
Des jeunes qui ne veulent plus travailler ? Un mythe générationnel
Derrière l’accusation de paresse se cache une remise en question profonde du rapport au travail et du sens de l'effort dans une société désenchantée. Le rejet d’un modèle hérité La critique récurrente visant les jeunes "qui ne veulent plus travailler" révèle avant tout un fossé entre les générations face à la valeur du travail. Là où leurs aînés ont grandi avec l’idée que l’effort garantissait réussite et stabilité, les nouvelles générations constatent l’effritement de cette promesse. Claire, 26 ans, diplômée mais désillusionnée, explique avoir refusé un CDI qu'elle percevait comme une "prison à long terme sans garantie d'épanouissement". Ce refus n'est pas un rejet de l'activité, mais de la soumission à un système perçu comme vide de sens. Une quête…
Noël, Halloween, Black Friday : la fête comme produit culturel mondialisé
Elles étaient des rituels enracinés, des traditions locales, des célébrations religieuses ou saisonnières. Aujourd’hui, Noël, Halloween ou le Black Friday circulent à l’échelle mondiale, portées par la logique du marché, standardisées dans…
L’armée comme espace de reconstruction personnelle
Dans un monde où les trajectoires sont de plus en plus discontinues, l’armée se présente parfois comme un lieu de relance. Pour ceux qui ont décroché, connu l’errance ou l’échec, l’institution militaire…
Qui décide ce que nous voyons ? Algorithmes et invisibilité du choix
Ce que nous lisons, regardons, écoutons aujourd’hui dépend de moins en moins d’un choix conscient. L’interface numérique moderne, pilotée par des algorithmes prédictifs, sélectionne, hiérarchise et filtre l’information selon des critères invisibles…
Paris, capitale imaginaire : jalousie, rejet, fascination ?
Centre du pouvoir, de la culture, des médias, Paris continue de concentrer sur elle des affects intenses. Plus qu’une ville, elle est un écran de projection collective : on y rêve, on…
Peut-on dire non à un ami qui va mal ?
Lorsqu’un ami souffre, il semble impensable de refuser quoi que ce soit. On décroche à toute heure, on annule ses projets, on devient un pilier. Dire non, dans ce contexte, apparaît comme une trahison. Pourtant, à force de répondre présent, on s’épuise. Et l’on découvre que ce qui, au départ, semblait une présence juste devient une obligation affective. Pourquoi est-il si difficile de poser des limites face à la détresse d’un proche ? Et que redoute-t-on vraiment lorsqu’on ne dit pas non ? La peur de blesser, de trahir, de disparaître Dire non à un ami en souffrance revient à poser une limite dans un moment où il semble ne…
Être celui ou celle qui va bien : un rôle parfois difficile à tenir
On croit souvent que le bonheur simplifie les relations. Qu’un mieux-être facilite l’échange, apaise les tensions, réchauffe les liens. Pourtant,…
L’amitié est-elle un choix rationnel ou une reconnaissance instinctive ?
On dit souvent qu’en amour, on ne choisit pas. Mais qu’en est-il de l’amitié, ce lien moins visible, plus libre,…
Se battre pour une cause, fuir sa propre histoire ?
L’engagement pour une cause est souvent présenté comme un signe de générosité, de courage, de clarté morale. Mais il peut…
Fonctionnaire jusqu’à l’oubli de soi : une identité construite dans le silence
Travailler dans la fonction publique, c’est répondre à une mission d’intérêt général. Ce principe attire de nombreuses personnes en quête de sens. Mais pour certain·es, ce sens prend une forme extrême : celle du sacrifice personnel, du don de soi sans limite, de l’effacement progressif des besoins individuels. Ce n’est plus seulement le métier qui structure l’identité, mais une posture morale, parfois inconsciente, où l’on se définit par ce que l’on donne, ce que l’on supporte, et ce que l’on ne réclame jamais. Lorsque la fonction publique devient le lieu d’un effacement de soi, elle révèle une logique identitaire profondément marquée par la culpabilité et la loyauté. Le service comme refuge contre le désir Certaines…
Travail en open space : dilution du moi ou aspiration à la fusion sociale ?
L’open space s’est imposé comme un standard dans les environnements de travail modernes. Présenté comme un espace stimulant la coopération, il repose sur un idéal de transparence et d’horizontalité. Pourtant, derrière cette promesse d’ouverture se dissimule souvent une tension plus profonde. La suppression des cloisons…
Quand le stress collectif devient une manière de ne pas penser
Dans certaines équipes, le stress ne se vit pas seulement comme une contrainte : il devient une norme, un rythme, presque un langage commun. Chacun se plaint d’avoir trop à faire, mais personne ne ralentit. Les réunions s’enchaînent, les mails pleuvent, les urgences s’accumulent. Dans…
Travailler avec une IA : libération ou angoisse de devenir inutile ?
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme un adjuvant, un outil neutre venant soulager les professionnels de tâches répétitives ou techniques. Pourtant, travailler aux côtés d’une IA ne va pas sans générer un trouble plus sourd : celui d’être remplacé, voire de ne plus être nécessaire.…
La consultation médicale comme scène de transfert
Le cabinet médical, en apparence neutre, est souvent le théâtre de mouvements psychiques plus complexes qu’il n’y paraît. À travers le simple acte de consulter, certains patients rejouent, sans le savoir, des liens anciens, des…
S’autoriser à ne rien faire, une saine occupation
Dans une société fondée sur l’activité, l’utilité et la performance, ne rien faire est souvent perçu comme une faute ou une perte de temps. L’oisiveté dérange. Elle interroge. Elle met en suspens l’économie du rendement.…
Douleurs diffuses, tensions persistantes : le poids de ce qu’on ne dit pas
Certaines douleurs ne cessent jamais vraiment. Elles errent dans le corps, changent de forme, résistent aux traitements. Elles sont trop légères pour alerter, mais trop présentes pour être ignorées. Pour ces douleurs diffuses, persistantes, insaisissables,…
La méthode miracle : pourquoi a-t-on besoin d’y croire ?
"Changer sa vie en 21 jours", "Révélez votre potentiel en 3 étapes", "Enfin heureux grâce à une méthode simple". Le marché du développement personnel regorge de promesses rapides, efficaces, séduisantes. Mais ce succès n’est pas…
Le burn-out est-il une pathologie ou un cri du corps ?
Longtemps perçu comme un simple épuisement professionnel, le burn-out est aujourd’hui identifié comme une forme de rupture intérieure. Mais au-delà…
Pleurer sans cause claire : quand le trop-plein déborde sans explication
Il arrive que les larmes viennent sans prévenir, sans raison apparente. Un moment calme, une remarque anodine, une chanson quelconque,…
Les attaques de panique : effraction de l’inconscient dans le quotidien
La panique surgit sans prévenir. Dans la rue, en voiture, au travail, elle coupe le souffle, accélère le cœur, donne…
Espérer être deviné par son psy : un vœu hérité de la relation parentale ?
Certaines personnes viennent en thérapie sans formuler de demande claire. Elles racontent, tournent autour, s’arrêtent, espèrent que le psy comprendra ce qui ne se dit pas. Il ne s’agit pas de timidité ou de prudence, mais d’un espoir plus profond : que l’autre perçoive, sans qu’on ait à dire, ce qui a toujours manqué. Ce souhait d’être deviné, reconnu dans l’implicite, renvoie à une mémoire affective précoce, où la parole n’existait pas encore, mais où le besoin d’être saisi était déjà vital. L’origine du vœu de devinement Dans les premiers liens de vie, le nourrisson dépend entièrement de l’intuition de l’autre. Il ne parle pas, mais il espère que ses pleurs, ses gestes, ses regards seront compris, traduits, apaisés. Quand…
Pourquoi nous ne supportons pas certaines scènes de tendresse
Il est des moments où le spectateur détourne le regard, ressent un malaise, voire une irritation face à une scène de tendresse au cinéma. Non pas parce qu’elle serait trop mièvre ou maladroite, mais parce qu’elle touche une zone sensible. Ce rejet de l’intimité filmée ne relève pas seulement du…
Trop proche pour être regardé : l’effet de suridentification au théâtre
Il arrive que l’identification, moteur fondamental du rapport au théâtre, franchisse une limite invisible. Ce n’est plus seulement un rapprochement entre le spectateur et un personnage, mais une forme de débordement intérieur, où la distance esthétique se dissout. Ce que l’on voit sur scène devient insupportable non parce que c’est…
Le corps absent : ces personnages qui ne sont plus là mais hantent la scène
Certains personnages n’apparaissent jamais. D’autres sont morts avant que la pièce ne commence. Et pourtant, ils sont là, partout, dans les gestes des autres, les silences, les regards détournés. Le théâtre possède ce pouvoir rare : faire exister un être par son absence même. Le corps n’est pas présent sur…
La plage vide : espace du manque ou de l’attente
Au cinéma, la plage vide fascine autant qu’elle déstabilise. Espace ouvert, dépouillé de présence humaine, elle incarne une forme radicale de vacance. Mais derrière cette image d’une étendue de sable face à l’horizon se jouent des dynamiques inconscientes puissantes. La plage vide figure le manque, l’attente, le vide du désir.…





































