Se remplir pour ne pas sentir le vide
On croit avoir faim, envie, besoin. On ouvre le frigo sans savoir pourquoi, on se perd sur les réseaux sans rien chercher, on enchaîne les tâches, les épisodes, les messages. Ce trop-plein n’est pas un plaisir, mais une tentative. Celle de contenir, apaiser, ou anesthésier un malaise plus profond. Ce que l’on remplit n’est pas l’estomac ou l’agenda, mais un vide intérieur plus ancien, plus diffus. Le vide comme trace de l’absence Ce vide que l’on fuit n’est pas un simple moment de creux. Il est souvent porteur d’une mémoire : celle d’un manque ancien, d’une carence précoce, d’un lien incertain. Il active un ressenti difficile à nommer, mais puissamment agissant.…
Secrets de famille : quand le silence devient un héritage
Dans certaines familles, il y a ce dont on parle… et ce qui ne se dit jamais. Des zones floues,…
Ce qui m’apaise vraiment… et ce que je crois m’apaiser
Face au stress, à l’anxiété ou au mal-être diffus, nous développons tous des réflexes d’apaisement. Certains se jettent dans le…
Pourquoi j’ai du mal à dire non ?
C’est un mot simple, court, clair. Et pourtant, il semble parfois impossible à prononcer. Dire non. Non à une demande,…
Laisser l’autre respirer : gérer l’espace sans créer de distance
Quand la bonne gestion du lien passe par l’acceptation de l’altérité Dans le couple, le besoin d’être ensemble cohabite avec celui de préserver son propre espace. Mais accorder cette liberté à l’autre peut réveiller des peurs profondes : peur d’être abandonné, oublié ou de voir le lien se déliter. Savoir laisser l’autre respirer, c’est accepter qu’aimer ne signifie pas posséder, et que la proximité réelle passe par le respect de l’altérité. La confusion entre lien et contrôle Beaucoup confondent attention et surveillance, présence et emprise affective. Derrière l’envie de tout partager se cache parfois une angoisse de perdre l’autre dès qu’il s’éloigne un peu. Laisser de l’espace devient alors un défi, vécu comme une prise…
De l’appartement à la maison individuelle : ce que ce choix révèle
Quand le changement de cadre de vie devient le miroir des dynamiques affectives du couple. Le passage de l’appartement à la maison individuelle n’est pas simplement une évolution résidentielle. Ce changement symbolise souvent une étape dans la construction du couple, révélant des désirs d’ancrage, des…
Quand le couple fait des choix “comme les autres”
On croit souvent que nos décisions sont libres, qu’elles viennent de nous. Choisir de se mettre en couple, d’emménager ensemble, de se marier ou d’avoir des enfants semble découler d’un cheminement personnel. Mais à y regarder de plus près, combien de ces choix sont réellement…
Sortir pour rencontrer, ou pour ne pas rester seul·e ?
Quand la recherche de lien masque une fuite du vide ou de l’ennui existentiel. On dit que l’on sort pour se changer les idées, pour rencontrer, pour créer du lien. Mais parfois, derrière cette motivation affichée, se cache un besoin plus profond, plus flou, parfois…
Le parent qui gère tout : charge mentale ou besoin de maîtrise ?
Être celui ou celle qui pense à tout, anticipe, organise et veille au bon fonctionnement familial est souvent présenté comme…
Mon adolescent fume du cannabis, que faire ?
Découvrir que son adolescent fume du cannabis provoque souvent un mélange d’inquiétude, de colère et d’incompréhension. Faut-il sanctionner, dialoguer, minimiser…
Fast-food et équilibre alimentaire
Veiller au bon équilibre alimentaire de l'adolescent n'est pas chose aisée. Désireux d'affirmer ses gouts et sa personnalité, il cherche…
Pourquoi l’adolescent se définit par opposition ?
Dire "non", contester, rejeter ce qui était auparavant accepté sans question : l’opposition est souvent perçue comme une provocation adolescente. Mais au-delà du comportement visible, l’opposition est un véritable outil de construction identitaire. L’adolescent ne s’oppose pas uniquement pour défier l’autorité ou tester les limites, il ou elle s’oppose pour exister en tant que sujet distinct. Cette dynamique répond à une nécessité inconsciente : se différencier de l’autre pour mieux se trouver soi-même. S’opposer pour rompre avec l’identité héritée L’enfant est défini par les projections parentales : il ou elle "est" ce que sa famille, l’école ou la société attendent. À l’adolescence, ce cadre devient étroit. L’opposition marque la première tentative de sortir de cette identité assignée, même si l’adolescent·e…
Paris, capitale imaginaire : jalousie, rejet, fascination ?
Centre du pouvoir, de la culture, des médias, Paris continue de concentrer sur elle des affects intenses. Plus qu’une ville, elle est un écran de projection collective : on y rêve, on…
Institutions : confiance raisonnée ou attachement affectif ?
Croire en la justice, respecter les décisions politiques, accepter l’autorité médicale ou administrative : la confiance envers les institutions semble être un acte rationnel, nourri d’observation, d’analyse, de preuves. Mais en profondeur,…
Le métier comme refuge : se définir par l’utilité pour fuir l’intime
Certains investissent leur métier avec une ardeur silencieuse, une présence constante, presque totale. Ce n’est pas qu’ils aiment tant leur travail, mais plutôt qu’ils s’y réfugient. Travailler devient alors un moyen de…
L’attention fractionnée : une fatigue invisible de la dispersion digitale
Notifications, pop-ups, multitâche, fenêtres ouvertes : l’environnement numérique contemporain sollicite sans relâche notre attention. Mais ce qui semble nous connecter au monde nous divise en réalité intérieurement. Car à force d’osciller d’un…
Se battre pour une cause, fuir sa propre histoire ?
L’engagement pour une cause est souvent présenté comme un signe de générosité, de courage, de clarté morale. Mais il peut aussi fonctionner comme un écran : lorsque l’énergie tournée vers l’extérieur empêche toute confrontation avec une histoire intérieure restée en friche. Se battre pour une cause permet alors de déplacer un conflit plus intime, d’investir un combat collectif à la place d’un travail personnel, plus risqué, plus douloureux, plus incertain. L’extériorisation comme évitement psychique Lorsqu’un idéal devient envahissant, qu’il capte toute l’attention, toute l’énergie, toute la valeur personnelle, il peut masquer une fuite. Ce n’est pas la cause en elle-même qui est en cause, mais la manière dont elle est…
Sortir ou rester chez soi : ce que les invitations révèlent de nous
Derrière la question apparemment banale « Est-ce que je sors ce soir ? » se jouent parfois des conflits intérieurs…
Pourquoi certaines amitiés deviennent soudainement intenables ?
Il arrive qu’un lien, vécu comme naturel et précieux pendant des années, devienne tout à coup pesant, irritant, presque insupportable.…
Sortir de la solitude, une menace pour l’image de soi
On imagine souvent que le retour à la relation, après une période de solitude, est un soulagement, une libération. Mais…
Refuser d’évoluer dans la hiérarchie : confort ou peur inconsciente ?
Certaines personnes, pourtant compétentes, refusent d’évoluer vers des postes à responsabilité. Elles déclinent des propositions d’encadrement, évitent les concours internes ou refusent les promotions implicites. À première vue, cela peut sembler relever d’un choix de confort, ou d’un rapport paisible à l’ambition. Mais pour d’autres, cette stagnation apparente s’explique par une dynamique plus profonde. Le refus d’accéder à la hiérarchie peut masquer une peur de s’exposer, de susciter la jalousie, ou de réveiller des conflits intérieurs liés à la rivalité et à la position d’autorité. L’évitement de la position haute Prendre une position hiérarchique, c’est s’exposer. Cela suppose d’être visible, d’exercer une forme de pouvoir, de se situer au-dessus dans la structure. Certaines personnes, en…
Toujours vouloir créer : quête d’expression ou refus de dépendre ?
Le besoin de créer est souvent célébré comme une forme d’expression de soi, un espace de liberté, un élan vital. Mais pour certaines personnes, cette pulsion devient si centrale qu’elle finit par structurer leur rapport au monde. Créer devient alors non seulement une vocation, mais…
Choisir le télétravail : liberté retrouvée ou fuite du regard de l’autre ?
Le télétravail, longtemps marginal, est devenu une norme partielle dans de nombreux secteurs. Loué pour sa souplesse, il incarne une forme de libération du cadre rigide de l’entreprise. Mais cette liberté apparente est souvent traversée par des ambivalences profondes. Car travailler chez soi, c’est aussi…
Faire des heures supplémentaires pour exister : l’invisible dette
Certaines personnes ne comptent jamais leurs heures. Elles prolongent systématiquement leurs journées, s’investissent au-delà des attentes, prennent en charge ce que d’autres laissent de côté. À première vue, cela semble relever du zèle, de l’engagement ou d’un sens aigu du travail bien fait. Mais ce…
L’intuition contrariée : quand l’on s’habitue à ne pas se croire
Certaines personnes sentent, dès les premiers instants, que quelque chose ne leur convient pas. Une ambiance, une relation, une décision. Et pourtant, elles passent outre, rationalisent, s’adaptent. À force, elles n’écoutent plus ce signal subtil,…
Écouter ses besoins ou ses peurs ? La confusion silencieuse du désir
On nous répète qu’il faut “écouter ses besoins”, “suivre ses envies”, “respecter son rythme”. Ces injonctions modernes, en apparence libératrices, recèlent une ambiguïté : ce que l’on prend pour un besoin authentique est parfois l’expression…
La méthode miracle : pourquoi a-t-on besoin d’y croire ?
"Changer sa vie en 21 jours", "Révélez votre potentiel en 3 étapes", "Enfin heureux grâce à une méthode simple". Le marché du développement personnel regorge de promesses rapides, efficaces, séduisantes. Mais ce succès n’est pas…
Quand les affirmations positives deviennent une injonction au déni
"Je vais bien", "Je suis capable", "Tout va s’arranger". Ces phrases, issues de l’univers du développement personnel, se veulent rassurantes, motivantes, structurantes. Mais que se passe-t-il lorsque ces affirmations positives deviennent un impératif ? Quand…
Peut-on vraiment mesurer la souffrance psychique ?
À l’hôpital, en cabinet, dans les enquêtes de santé mentale, la souffrance psychique fait désormais l’objet de tentatives de mesure.…
Les attaques de panique : effraction de l’inconscient dans le quotidien
La panique surgit sans prévenir. Dans la rue, en voiture, au travail, elle coupe le souffle, accélère le cœur, donne…
Que doit réellement apporter un psy pendant une thérapie ?
La question « Que doit apporter un psy ? » semble appeler des réponses simples : écoute, soutien, outils, compréhension.…
Quand le corps parle à la place de la parole : une souffrance invisible
Certaines douleurs psychiques ne se formulent pas. Elles n’empruntent ni le langage de la plainte ni celui des émotions reconnaissables. Elles se glissent dans le corps : douleurs chroniques, épuisements sans cause, crises somatiques sans explication médicale claire. Ces symptômes corporels sont souvent les messagers muets d’une souffrance ancienne, enkystée, non élaborée — une souffrance qui n’a pas trouvé de mots, et qui échappe de fait à tous les tests standardisés. Le corps parle, mais on ne sait pas toujours l’écouter. Le langage silencieux des symptômes Dans certains cas, le corps devient le seul lieu possible d’expression. C’est lui qui porte ce que la parole ne peut assumer. Il “dit” par des tensions, des douleurs, des absences, ce que l’histoire…
Le double inquiétant : le cinéma face à nos parts d’ombre
Depuis ses origines, le cinéma se fascine pour la figure du double. Personnage identique, reflet déformé, jumeau malveillant ou simple incarnation d’une facette cachée du héros : ce motif traverse les genres avec une force intacte. Mais pourquoi ces récits de duplication nous troublent-ils autant ? Parce qu’ils nous confrontent…
Solitude au musée : quand regarder seul(e) fait surgir l’intime
La visite d’un musée en solitaire peut être ressentie comme un luxe rare. Pas de paroles à échanger, pas de rythme imposé, pas d’interprétation à partager. Juste soi, son regard, ses pensées. Mais cette solitude, quand elle s’installe dans le silence des galeries, produit parfois un effet inattendu : elle…
Flou, tremblement, lumière instable : quand l’image vacille comme le Moi
Parmi les choix esthétiques les plus troublants du cinéma, le flou, le tremblement de l’image ou la lumière instable ont une portée bien plus profonde qu’un simple effet de style. Lorsqu’un film fait vaciller l’image, il nous met en contact avec une instabilité qui déborde la seule perception visuelle :…
Contempler ou fuir ? Quand rester devant une œuvre devient difficile
Dans le silence d’une salle d’exposition, face à une œuvre, il arrive qu’on ne parvienne pas à rester. On s’éloigne, on passe plus vite, on regarde ailleurs. Ce n’est pas l’ennui qui pousse à fuir, mais une tension intérieure, difficile à nommer. Certaines œuvres provoquent une gêne subtile, un inconfort…





































