Quand je me sens responsable du mal-être des autres
Certaines personnes souffrent, et immédiatement, quelque chose se réveille en nous : une inquiétude, une culpabilité, un besoin de réparer. On se sent concerné·e, touché·e… mais parfois aussi responsable. Comme si le mal-être de l’autre nous appartenait un peu, comme si c’était à nous de l’alléger, de le soulager, de le rendre supportable. Ce réflexe, souvent invisible, peut devenir un poids silencieux. Alors d’où vient ce sentiment de responsabilité ? Et pourquoi est-il si difficile à déposer ? Un héritage affectif précoce Ce type de posture naît souvent très tôt. Dans certaines familles, les enfants sentent — sans qu’on leur dise — qu’ils doivent protéger un parent fragile, éviter les…
Les héritages culturels invisibles qui pèsent sur notre trajectoire
On croit souvent que l’on se construit librement, en fonction de nos choix, de nos envies, de notre personnalité. Mais…
Apprendre à se connaître : pourquoi c’est un travail qui dure toute la vie
On croit souvent que se connaître, c’est une étape à franchir une bonne fois pour toutes. Comme si une fois…
La construction de l’enfant dans le regard parental
Dès les premiers jours de la vie, l’enfant se découvre à travers les regards qui se posent sur lui. Sourires,…
Applis de rencontre et blessures affectives
Les fantômes de l’abandon, du rejet ou de l’humiliation à l’ère numérique. On pense parfois que le passé est derrière soi, que l’histoire affective est close, digérée, intégrée. Et pourtant, dans l’espace apparemment neutre des applis de rencontre, certaines blessures enfouies réapparaissent avec une acuité troublante. Ce n’est pas le présent qui fait mal, mais ce qu’il réactive ; un mot sans réponse, un match sans suite, un silence brutal suffisent à raviver ce qui semblait apaisé. Le rejet numérique comme répétition Ne pas être “liké”, être ghosté, subir une disparition soudaine ; ces micro-expériences, banales en apparence, touchent parfois des zones très archaïques. Elles rejouent des scénarios plus anciens où l’on ne s’est pas…
Emménager seul(e)
Emménager seul : créer un espace pour soi, en soi Ce n’est pas seulement une question de surface habitable. Emménager seul, ou seule, c’est occuper un espace qui n’appartient qu’à soi. C’est parfois un choix, parfois une nécessité, parfois un passage obligé. Quelles que soient…
L’impact des traumatismes de l’enfance sur la violence conjugale
Comment les expériences de l’enfance (traumatismes, négligence, maltraitance) peuvent amener un individu à reproduire des comportements violents dans ses relations amoureuses Les traumatismes infantiles, qu'ils soient physiques, émotionnels ou psychologiques, laissent une empreinte durable sur le psychisme d’un individu. Selon la psychanalyse, les expériences traumatiques…
Le fantasme du couple idéal, un piège à éviter ?
Il y aurait une bonne façon d’aimer, une bonne manière d’être en couple, un équilibre parfait à atteindre. C’est cette image, diffuse mais insistante, que beaucoup poursuivent sans en avoir conscience. Le couple idéal hante les débuts amoureux, colore les attentes, nourrit les déceptions. On…
L’impact psychologique des premiers mois de grossesse
Les premiers mois de grossesse marquent le début d’une transformation psychologique et émotionnelle profonde. Si le corps subit des changements…
Rencontrer son histoire familiale avec ses grands-parents
Dialoguer avec ses grands-parents, c’est souvent bien plus que partager des souvenirs ; c’est se confronter à l’héritage invisible qui…
Le corps enceinte : entre fierté, étrangeté et dépossession
La grossesse transforme le corps de manière spectaculaire. Si l'imaginaire collectif valorise ce changement comme un symbole de beauté et…
Noël : la fête qui rejoue l’inconscient familial
À l’approche de Noël, les vitrines se parent de lumières et les récits d’unité familiale s’intensifient. Pourtant, derrière l’apparente féerie, beaucoup vivent cette période comme un moment ambivalent, voire douloureux. Car si Noël est censé rassembler, il réactive aussi les tensions anciennes, les blessures muettes, et les rôles que l’on croyait oubliés. La famille sous pression symbolique Noël concentre à lui seul une série d’injonctions : se réunir, partager, aimer, pardonner. Ce rituel annuel surinvesti vient rejouer l’idéal d’une famille unie, stable et aimante — quitte à forcer des retrouvailles artificielles ou à nier des conflits profonds. La pression de "faire famille" pour un soir engendre souvent un sentiment d’étrangeté ou de décalage, en particulier pour celles et ceux dont…
Respect des lois, respect des autres
Le respect de la loi est souvent présenté comme la base du vivre-ensemble. Mais ce respect est-il toujours synonyme de respect d’autrui ? Peut-on obéir à la règle sans se soucier de…
La honte sociale : une mémoire silencieuse du déclassement
Il y a des blessures qui ne crient pas, qui ne s’affichent pas, mais qui imprègnent en profondeur le regard que l’on porte sur soi. La honte sociale en fait partie. Elle…
Publier pour ne pas ressentir : les réseaux comme anesthésie affective
Partager, poster, réagir. À chaque émotion, un contenu. À chaque vide, un flux. Les réseaux sociaux sont devenus un réflexe quasi automatique pour de nombreux·ses utilisateur·ices, un geste aussi banal qu’indispensable, qui…
La victime face à la société : entre reconnaissance et rejet
La figure de la victime occupe une place paradoxale dans nos sociétés. Tantôt exaltée, tantôt minimisée, elle génère souvent un malaise diffus. On la soutient, mais on l’interroge. On la reconnaît, mais…
L’ami qui nous échappe : quand l’évolution de l’autre devient insupportable
Parfois, sans que l’on sache l’expliquer, l’ascension, la transformation ou le changement de rythme de vie d’un ami provoque un malaise. Ce n’est pas de l’envie à proprement parler, ni un conflit ouvert. C’est plus diffus : un agacement, une mise à distance, une froideur qui s’installe. L’ami change, et ce changement devient insupportable. Pourquoi la croissance de l’autre nous dérange-t-elle autant ? Quand l’évolution de l’autre réactive une blessure ancienne L’inconscient ne fait pas la différence entre le passé et le présent. Ainsi, le déplacement d’un ami vers une version de lui-même plus affirmée, plus autonome ou plus heureuse peut réveiller en nous un sentiment d’abandon, souvent ancré dans…
Peut-on grandir ensemble dans une amitié ?
Certaines amitiés traversent les années avec une fluidité admirable, comme si les évolutions de chacun n’entamaient jamais le lien. D’autres,…
Toujours proposer, jamais invité : quand l’activité devient un test affectif
Il y a des personnes qui, systématiquement, sont à l’origine des liens. Elles envoient les messages, organisent les rencontres, créent…
Le collectif comme échappatoire au vide intérieur
S’engager dans un collectif, c’est souvent une manière de se relier, de partager des valeurs, de sentir que l’on agit.…
Le bilan de compétences : que rejoue-t-on avec le consultant ?
Le bilan de compétences se présente souvent comme une démarche neutre, objective, tournée vers l’identification des savoir-faire et l’élaboration d’un projet professionnel. Mais dans le cadre de cette exploration encadrée, le lien avec le consultant prend parfois une intensité qui dépasse largement la fonction accompagnatrice. Sans que cela ne soit toujours nommé, une dynamique transférentielle s’installe : ce tiers devient alors le dépositaire d’une attente ancienne, le miroir d’un regard espéré, redouté, ou déjà vécu. Ce n’est plus seulement un conseiller : il incarne, malgré lui, une figure symbolique, au croisement du parent, du juge et du sauveur. Un lien asymétrique chargé d’enjeux identitaires Dans le cadre du bilan, le consultant est celui qui écoute,…
Pourquoi certains bureaux sont toujours en désordre ?
Le désordre visible d’un bureau n’est jamais tout à fait anodin. Il dépasse souvent la simple négligence ou le manque d’organisation. Dans certains cas, l’accumulation d’objets, de papiers ou de traces matérielles devient l’expression silencieuse d’un désordre intérieur, d’un conflit latent entre le désir de…
Au travail : Laisser tomber le masque de la performance
Dans la plupart des milieux professionnels, on n’attend pas seulement des résultats. On attend une forme de contenance, de posture, de maîtrise. Il ne suffit pas de faire, il faut donner l’impression de contrôler, de tenir, d’être aligné. Ce masque, parfois adopté inconsciemment, devient un…
Ne pas trouver sa voie : symptôme ou refus de se singulariser ?
À une époque où l’on valorise la réalisation de soi à travers le travail, ne pas « trouver sa voie » peut être vécu comme un échec personnel, voire comme une anomalie. Pourtant, l’instabilité professionnelle persistante n’est pas toujours le signe d’un manque de volonté…
Le refus des pauses : quand s’arrêter devient insupportable
Certaines personnes ne parviennent jamais à faire une vraie pause. Même en vacances, elles planifient, organisent, remplissent. Leur temps semble en tension permanente, chaque silence devient suspect, chaque moment vide appelle une tâche. Ce fonctionnement,…
S’adapter au rythme d’un autre : entre fusion et effacement de soi
Certaines personnes s’ajustent sans cesse à l’emploi du temps de l’autre, à ses envies, ses horaires, son énergie. Elles se rendent disponibles, déplacent leurs propres impératifs, attendent, patientent, s’alignent. Loin d’un simple souci d’harmonie, cette…
Pourquoi certains ne créent jamais malgré un fort désir ?
Certaines personnes parlent de créer depuis des années. Elles dessinent en secret, écrivent sans jamais finir, rêvent d’un atelier ou d’un livre... mais rien ne sort. Le désir est là, puissant, parfois ancien, mais il…
Le corps en tension : quand le stress s’imprime dans la chair
Notre époque valorise la lucidité, la parole, l’analyse. Pourtant, le corps reste souvent le premier à parler. Douleurs diffuses, tensions récurrentes, troubles digestifs ou musculaires : quand aucune cause médicale claire n’est identifiée, on évoque…
Peut-on vraiment mesurer la souffrance psychique ?
À l’hôpital, en cabinet, dans les enquêtes de santé mentale, la souffrance psychique fait désormais l’objet de tentatives de mesure.…
Les psychologues sont-ils des manipulateurs ?
La figure du psychologue suscite parfois une méfiance : il « lit dans les pensées », il « sait ce…
Un film, et soudain les larmes : fiction et miroir de soi
On regarde un film, sans attente particulière. On s’installe, on s’immerge, on suit une histoire parmi d’autres. Et soudain, les…
Être là sans y être : les troubles de la présence et de l’attention
Certains moments de vie se traversent comme dans un brouillard. On est là, physiquement, on parle, on agit, on répond. Tout semble « normal ». Mais intérieurement, quelque chose manque. Une distance subtile, un léger flottement, comme si l’on se regardait vivre sans vraiment s’y sentir engagé. Ce décalage entre l’acte et le vécu, entre la posture et la présence, traduit parfois un état plus profond qu’une simple distraction : un trouble de la présence, discret mais éprouvant. Un mode automatique de survie Ce fonctionnement mécanique, où tout se fait sans que rien ne soit vraiment vécu, n’est pas un hasard ni une paresse. Il peut s’agir d’un mécanisme de protection, mis en place inconsciemment pour ne pas sentir une…
Le grenier : mémoire refoulée et fantômes du passé
Au cinéma, le grenier occupe une place toute particulière dans l’architecture symbolique des récits. Perché au sommet de la maison, hors du regard quotidien, il devient le réceptacle de ce que l’on a voulu oublier. Vieux meubles, lettres jaunies, jouets cassés s’y entassent, formant un décor qui parle directement à…
Le souffle comme rythme de vérité : entendre le corps respirer
Il est rare, au théâtre, que le souffle prenne le devant. Et pourtant, quand il devient audible, il modifie toute la perception de la scène. Ce n’est pas un bruit de fond, mais une matière vivante. Le souffle n’accompagne pas le jeu, il le précède parfois, ou le déborde. Entendre…
Les couleurs qui frappent : choc visuel ou mémoire affective ?
Il suffit parfois d’une couleur pour qu’une émotion surgisse. Le bleu d’un ciel sans profondeur, le rouge saturé d’un fond abstrait, un jaune presque brutal. Certaines œuvres provoquent un choc immédiat, non pas par leur sujet ou leur composition, mais par la présence intense d’une teinte. Cette rencontre avec la…
La pudeur comme intensité : émotion sans débordement
Le théâtre émeut parfois plus par ce qu’il retient que par ce qu’il expose. Il arrive qu’un simple regard, une voix tenue, un geste interrompu contiennent une charge émotionnelle plus puissante qu’une scène d’épanchement. La pudeur scénique n’est pas une atténuation : c’est une intensité déplacée. Elle ne crie pas,…





































