Les récits collectifs qui influencent notre histoire personnelle
Nous pensons souvent que notre histoire personnelle est le fruit de nos choix, de nos expériences, de notre caractère. Pourtant, nos trajectoires sont aussi traversées par des récits qui nous dépassent. Ce sont les récits collectifs : ceux d’un pays, d’une époque, d’un genre, d’une classe sociale ou d’une culture. Même s’ils ne sont pas toujours visibles, ils influencent notre manière de nous raconter, de nous projeter, de nous juger. Reconnaître leur impact, c’est commencer à faire le tri entre ce que l’on répète et ce que l’on choisit, pour écrire une histoire plus singulière. Ce que les grands récits déposent en nous Chaque société véhicule des récits dominants :…
Honte de soi : le mal invisible qui ronge
La honte n’est pas toujours bruyante. Elle ne s’exprime pas en cris ni en larmes. Elle se glisse dans les…
Ai-je encore le temps de vivre autrement ?
Il y a des moments où cette question surgit, sans prévenir. Face à un anniversaire marquant, une lassitude persistante ou…
Le besoin de contrôle : une dépendance méconnue
Organiser, anticiper, vérifier, maîtriser. Cela peut paraître anodin, voire responsable. Mais pour certaines personnes, ce besoin de tout gérer ne…
Peut-on réussir son divorce et évoluer avec soi ?
Dans une société obsédée par la performance, même la rupture conjugale n’échappe pas à l’injonction de « bien faire ». Pourtant, parler de « réussir son divorce » revient à projeter sur un événement fondamentalement chaotique une quête illusoire de contrôle. Le divorce n'est pas une épreuve que l'on maîtrise mais un processus que l'on traverse, souvent à l'aveugle, avec ses pertes, ses bouleversements et ses révélations. La véritable question n’est donc pas de savoir comment éviter la douleur, mais comment l’habiter pour en faire un espace de transformation. La réussite du divorce : un fantasme de maîtrise face à l’effondrement L'idée de réussir son divorce exprime souvent le désir inconscient de contourner l'effondrement psychique…
Parent solo : exister en dehors du rôle sans culpabiliser
Le couple est terminé, mais la parentalité continue. On ne vit plus à deux, mais on n’est pas vraiment seul·e non plus. Être célibataire avec un enfant, c’est occuper une place particulière : celle d’un parent qui porte seul le quotidien, les émotions, les choix. Ce…
Comment rompre le quotidien du couple
Le quotidien offre une structure, un cadre où le couple peut s’installer, se sécuriser, se retrouver. Mais à force de répétition, ce même quotidien peut devenir une cage invisible. Rompre la routine n’est pas seulement une envie d’évasion, c’est souvent une nécessité psychique pour réinjecter…
Se séparer ou se réinventer : comment savoir où en est le couple ?
Chaque couple porte en lui une dynamique de transformation ou d’usure. Lorsque les tensions s'accumulent ou que le silence s'installe, la question de la fin devient inévitable. Pourtant, il n'est jamais simple de distinguer ce qui relève d'une crise passagère et ce qui traduit une…
Le désir d’enfant et la répétition transgénérationnelle
On pense souvent que le désir d’enfant naît d’un élan personnel, libre et conscient. Pourtant, ce projet s’inscrit fréquemment dans…
Pourquoi la naissance d’un bébé peut réveiller un sentiment d’abandon
La naissance d’un enfant est souvent perçue comme une source de lien et d’attachement. Pourtant, chez certain·es parents, cet événement…
Quand la fratrie se rejoue : hiérarchies affectives et rivalités anciennes
Même à l’âge adulte, il suffit souvent d’un repas de famille ou d’un regroupement autour d’un parent vieillissant pour que…
Quand l’enfant réclame trop d’attention : besoin affectif ou angoisse ?
Un enfant qui sollicite constamment l’attention inquiète, épuise parfois, et interroge souvent : cherche-t-il simplement à être aimé·e ou exprime-t-il autre chose de plus profond ? Derrière ces demandes répétées, visibles et parfois envahissantes, se cache bien souvent une dynamique inconsciente, où l’enjeu n’est plus seulement d’obtenir de l’affection, mais de tenter de contenir une insécurité plus diffuse. Il devient alors essentiel de distinguer le besoin affectif légitime d’un enfant et l’expression d’une angoisse inconsciente, que l’enfant lui-même ne comprend pas mais qu’il manifeste par une quête d’attention inépuisable. Le besoin affectif sain : chercher à être vu·e pour se construire Tout enfant a besoin d’être regardé·e, entendu·e et reconnu·e. C’est par le regard attentif et bienveillant de l’adulte que…
La figure du porte-parole : mise en lumière ou effacement du groupe ?
Lorsqu’un mouvement collectif prend forme, il se confronte rapidement à la question de la voix. Qui parle, au nom de qui, comment et avec quelle légitimité ? Le porte-parole devient alors une…
Institutions : confiance raisonnée ou attachement affectif ?
Croire en la justice, respecter les décisions politiques, accepter l’autorité médicale ou administrative : la confiance envers les institutions semble être un acte rationnel, nourri d’observation, d’analyse, de preuves. Mais en profondeur,…
Formats courts dans le numérique : que reste-t-il de l’analyse ?
L’essor du numérique a modifié en profondeur la manière dont l’information circule, se consomme et se fabrique. Parmi les changements majeurs, la généralisation des formats courts — vidéos d’une minute, posts synthétiques,…
Citoyenneté spectacle : manifester, liker, s’indigner… et après ?
La démocratie semble aujourd’hui saturée d’expressions. On défile, on publie, on partage, on s’indigne, on commente. Jamais les signes d’engagement n’ont été aussi visibles, mais jamais le sentiment d’impuissance n’a été aussi…
Toujours entouré, mais jamais nourri : le paradoxe des sociabilités creuses
Il y a des personnes qui sont toujours présentes : elles sortent, échangent, rient, se rendent disponibles. Leur vie semble tissée de liens. Mais au fond d’elles, quelque chose reste insatisfait, vide, comme si aucune de ces interactions ne touchait vraiment. Ce paradoxe n’est pas un caprice, ni une simple lassitude. Il dit une tension plus profonde : celle d’un lien recherché, mais vidé de son intensité affective. Le lien sans profondeur : se montrer sans se livrer Les sociabilités creuses reposent souvent sur un mode de présence ritualisée. On parle, on écoute, on répond, mais on évite soigneusement de franchir certaines limites, de se rendre vulnérable, de dire ce…
Et si la solitude était devenue un refuge identitaire ?
Il arrive que la solitude ne soit plus seulement un mode de vie, mais une part constitutive de l’identité. Elle…
Solitude imposée : comment l’exclusion abîme le narcissisme
On distingue souvent la solitude choisie de la solitude subie, mais on parle peu de ses effets profonds sur l’estime…
Pourquoi on n’arrive pas à dire qu’on souffre à certains amis ?
Certaines amitiés sont fluides, accueillantes, traversées de confidences. D’autres, pourtant proches, semblent buter sur un mur invisible dès qu’il s’agit…
Se former en permanence : que cache ce besoin d’apprentissage incessant ?
Certains s’inscrivent à une formation non pas pour apprendre un métier ou progresser professionnellement, mais pour ne pas se sentir vides. Dans ces cas-là, le geste de se former ne répond pas à un objectif défini mais à un besoin plus diffus : celui d’exister intérieurement, de se reconnecter à quelque chose de vivant. La formation devient alors un lieu symbolique de régénération, de déplacement, voire de survie psychique. Apprendre comme rempart contre le vide Lorsque le quotidien devient trop mécanique, trop répétitif ou trop éloigné du désir, une formation peut apparaître comme un appel d’air. Elle introduit du nouveau, de l’inconnu, une promesse de transformation qui permet de faire face à une sensation de stagnation…
Choisir les mêmes études que son frère aîné
Certains choix d’orientation paraissent logiques, presque évidents. On s’engage dans une filière familière, déjà connue, balisée par un aîné qui en a ouvert le chemin. Mais cette répétition, loin d’être anodine, peut révéler une dynamique inconsciente plus profonde : celle d’une identification protectrice, voire d’un…
Fonction publique et dépression : redonner du sens et de l’envie
Loin des impératifs du privé, certaines fonctions publiques permettent un rythme régulier, une charge de travail contenue, peu de pression directe. On y trouve ce que beaucoup recherchent : sécurité, équilibre, lisibilité. Mais chez certaines personnes, cette stabilité extérieure laisse progressivement place à un état…
La liberté temporaire comme terrain d’essai intérieur
Période de latence entre deux contrats, parenthèse volontaire ou imposée, la recherche d’emploi crée une forme de vide qui interroge. Délesté de l’activité professionnelle et des repères associés, le quotidien s’étire autrement, et avec lui, les perceptions de soi. Ce moment, souvent vécu sur le…
Mieux-être : pourquoi aller bien peut aussi déstabiliser
On imagine souvent que se sentir mieux apporte un soulagement immédiat. Et pourtant, chez certaines personnes, le mieux-être suscite de l’inconfort, voire une forme d’angoisse. Aller bien quand on a longtemps souffert ne va pas…
Sport à outrance : quand la performance cache une blessure narcissique
L’intensité avec laquelle certaines personnes s’adonnent au sport dépasse parfois la simple passion ou la quête de bien-être. Elle devient vitale, non négociable, presque compulsive. Cette surinvestissement du corps, sous couvert de santé ou d’esthétique,…
L’eau chaude comme enveloppe : apaiser une mémoire corporelle
Se plonger dans un bain thermal n’a rien d’un geste banal. Pour beaucoup, c’est un moment de relâchement attendu, mais pour d’autres, ce contact avec l’eau chaude réveille une sensation oubliée, presque primitive : celle…
Ce corps qui parle avant nous : symptômes, tensions et vérité silencieuse
Avant même que la conscience formule un malaise, le corps a souvent déjà commencé à parler. Par une douleur persistante, une tension inexplicable, une fatigue inhabituelle, il donne forme à ce que le psychisme ne…
Le vide soudain : quand tout perd son goût sans raison apparente
Certaines périodes s’ouvrent dans une clarté intacte, avec des projets, des habitudes et même des liens familiers, mais tout semble…
Peut-on vraiment mesurer la souffrance psychique ?
À l’hôpital, en cabinet, dans les enquêtes de santé mentale, la souffrance psychique fait désormais l’objet de tentatives de mesure.…
Je me sens plein d’émotions, mais je ne parviens pas à les déverser
Il arrive que l’intérieur déborde sans qu’aucune goutte ne tombe. On se sent plein, chargé, presque saturé, et pourtant rien…
Grilles de symptômes : ce que l’on rate en objectivant l’intime
Dans le domaine de la santé mentale, les outils d’évaluation sont nombreux : questionnaires standardisés, grilles de symptômes, échelles de douleur psychique. Ces dispositifs sont censés aider à objectiver le ressenti subjectif, à en faciliter la lecture clinique. Mais cette volonté de rendre mesurable ce qui relève de l’intime soulève de nombreuses questions. Car la souffrance psychique ne se laisse pas toujours attraper par des indicateurs. Elle est floue, changeante, parfois muette, parfois trop bruyante pour se réduire à des cases. Et à vouloir tout évaluer, on risque parfois de passer à côté de ce qui, précisément, échappe. La logique rassurante de la mesure Les grilles d’évaluation ont une fonction de repérage et de standardisation. Elles permettent une homogénéisation des…
Ce que notre apparence virtuelle révèle de nos conflits internes
Dans les jeux vidéo, choisir l’apparence de son avatar semble relever d’une liberté sans conséquences. Cheveux roses, corps surmusclé, silhouette fluide ou costume extravagant : tout est permis. Mais cette liberté formelle n’est pas exempte d’enjeux psychiques. Derrière ce que l’on montre de soi, même virtuellement, se jouent des conflits…
Désir, pudeur, rejet : ce que le nu artistique nous fait vivre
Face au nu, le regard hésite. Il peut être attiré, troublé, dérangé ou figé. Dans les musées, les corps dénudés abondent : classiques, érotiques, esthétisés, fragmentés. Pourtant, la présence du nu n’a rien de neutre. Elle convoque en chacun un paysage psychique singulier, fait de désirs enfouis, de limites intériorisées…
Être touché par un paysage numérique : esthétique ou résonance existentielle ?
Ce n’est pas toujours le scénario ni le gameplay qui marquent un joueur. Parfois, c’est un paysage. Un décor traversé à cheval, une étendue de sable sous un ciel crépusculaire, un champ balayé par le vent. Et sans qu’il y ait d’action, sans qu’on ait rien à faire, quelque chose…
La quête de sens dans l’art contemporain
L’art contemporain est souvent perçu comme un terrain mouvant, où les repères traditionnels du beau et du significatif semblent se diluer. Les œuvres d’art contemporain, par leur diversité de formes et de médiums, mettent souvent le spectateur face à une quête de sens incertaine et complexe. Mais pourquoi, dans ce…




































