L’hypersensibilité : une écoute fine du monde
Larmes faciles, réactivité émotionnelle intense, épuisement face aux ambiances… L’hypersensibilité, souvent évoquée en psychologie contemporaine, trouve aussi un écho profond dans la pensée psychanalytique. Si la notion de “trait de personnalité hypersensible” n’existe pas telle quelle chez Freud ou Lacan, la clinique psychanalytique reconnaît depuis longtemps la sensibilité extrême du sujet à son environnement, à l’Autre, au désir et au langage. Être hypersensible, c’est ressentir avec acuité — non seulement ce qui se passe autour de soi, mais aussi ce qui affleure en soi, parfois à son insu. Une peau psychique fine et poreuse En psychanalyse, on pourrait dire que la personne hypersensible possède une “enveloppe psychique” plus perméable, une…
Pourquoi tout perdre peut tout sauver
Perdre : un mot que l’on évite, un mot qui dérange. Perdre un emploi, un amour, un rêve, une maison…
L’influence des réseaux sociaux sur les Français
Ils font partie du quotidien de millions de personnes. Les réseaux sociaux ne sont plus seulement des outils de communication…
Comment renforcer l’estime de soi ?
L’estime de soi joue un rôle clé dans l’équilibre psychologique de chacun. Elle renvoie à la valeur que l’on s’accorde,…
Le choix infini : comment les applis brouillent notre rapport au désir ?
Quand l’abondance des options crée plus de confusion que de lien. Jamais il n’a été aussi facile de rencontrer quelqu’un ; jamais il n’a été aussi difficile de désirer vraiment. Les applications de rencontre, en offrant un accès immédiat à une infinité de profils, transforment profondément notre manière d’aimer. Elles modifient non seulement la logique de la rencontre, mais la structure même du désir. Trop de choix ne mène pas à plus de liberté ; il mène parfois à l’errance. L’effet catalogue : la séduction sous forme de sélection Face à une interface infinie de visages, le désir se transforme en évaluation. On ne se laisse plus surprendre, on scrolle, on trie, on compare. Le…
Acheter ensemble : investissement ou mise à l’épreuve du lien ?
Quand l’engagement matériel devient un révélateur des sécurités et des insécurités affectives. Acheter un bien à deux n’est jamais une simple démarche financière. Au-delà de l’acte concret, il symbolise une projection, un ancrage, une volonté commune de construire. Mais ce geste, souvent valorisé socialement comme…
Comment rompre le quotidien du couple
Le quotidien offre une structure, un cadre où le couple peut s’installer, se sécuriser, se retrouver. Mais à force de répétition, ce même quotidien peut devenir une cage invisible. Rompre la routine n’est pas seulement une envie d’évasion, c’est souvent une nécessité psychique pour réinjecter…
Regards de couloir en entreprise : fantasme, jeu ou début de lien ?
Un regard qui dure un peu trop. Une présence remarquée. Une tension diffuse mais persistante, chaque fois que l’on se croise. Rien n’est dit, mais tout circule à travers les silences, les gestes, les postures. Dans les couloirs d’une entreprise, il arrive que l’affect prenne…
Le gribouillage : désordre apparent ou mise en forme d’un chaos intérieur ?
Souvent perçu comme une activité sans importance, le gribouillage chez l’enfant est pourtant loin d’être anodin. Avant même de savoir…
Puis-je vivre sans l’amour de mon enfant ?
L’amour d’un enfant est souvent perçu comme une évidence, un droit naturel inscrit dans le lien parent-enfant. Pourtant, certaines relations…
La grossesse idéale : déconstruire les fantasmes de la maternité épanouie
Dans l'imaginaire collectif, la grossesse est souvent présentée comme une période lumineuse, faite de plénitude, d’épanouissement et de bonheur évident.…
La découverte du corps : quand l’enfant apprivoise ses sensations
Dès les premiers mois, l’enfant explore son corps avec curiosité : il attrape ses pieds, touche son ventre, tombe et se relève. Ces gestes répétés marquent bien plus qu’un simple jeu. La découverte du corps est une étape essentielle où l’enfant apprend à se situer dans l’espace, à ressentir, mais aussi à comprendre qu’il a des limites. Ce rapport au corps, entre plaisir, contrôle et frustration, constitue l’un des fondements de la construction psychique. Explorer ses sensations pour exister Au début de sa vie, l’enfant ne distingue pas encore son corps du monde qui l’entoure. Paul, 6 mois, passe de longues minutes à observer et toucher ses mains comme si elles étaient étrangères ; ce geste montre qu’il commence à…
Respect et altérité : peut-on vraiment accepter ce qui nous dérange ?
Il est facile de respecter ce qui nous ressemble. Ce qui est familier, proche, compréhensible. Mais le respect devient véritablement une épreuve lorsqu’il s’adresse à ce qui nous déstabilise, nous choque, nous…
Peur de l’autre ou peur de soi-même ? Ce que l’altérité révèle
On croit avoir peur de l’autre, de sa langue, de ses gestes, de sa différence. Mais bien souvent, cette peur en masque une autre, plus intime, plus silencieuse : celle de notre…
L’angoisse de castration chez l’homme providentiel
Sur la scène politique, certains hommes ne cherchent pas seulement à convaincre. Ils veulent incarner. Incarner la force, l’autorité, la sécurité. Leur posture est droite, leur voix assurée, leurs gestes calculés. Pourtant,…
L’école inclusive : progrès pédagogique ou injonction paradoxale ?
Officiellement, l’école inclusive vise à accueillir tous les élèves, quelles que soient leurs particularités, leurs troubles ou leurs vulnérabilités. Mais derrière cette ambition louable se dessine une tension : comment conjuguer égalité…
Ce que l’amitié réveille du passé qu’on croyait enfoui
On pense parfois que l’amitié ne regarde que le présent. Qu’elle se construit sur des affinités, des goûts, des rythmes partagés. Mais dans la durée, dans la profondeur de certains liens, elle fait remonter autre chose. Des blessures anciennes, des souvenirs refoulés, des émotions mal digérées. Sans le vouloir, l’ami ou l’amie devient un miroir du passé. Il ou elle réveille, par sa présence bienveillante, des zones de soi que l’on pensait closes. Ce n’est pas une intrusion, c’est une révélation douce. L’amitié fait parfois remonter des parts oubliées de nous-mêmes. Un lien qui autorise la mémoire affective L’ami est celui qui ne juge pas, qui accueille. Dans ce climat…
Pourquoi mes amies se tournent toujours vers moi quand elles souffrent ?
Certaines relations amicales semblent marquées par une étrange régularité : c’est toujours nous que l’on appelle quand ça ne va…
Peut-on être vraiment ami avec quelqu’un de très différent ?
L’amitié semble, à première vue, le lieu de la ressemblance : mêmes goûts, mêmes références, mêmes sensibilités. Mais il existe…
Pourquoi certain(e)s deviennent “grands frères” ou “grandes sœurs” ?
Certaines figures sociales se détachent dans les groupes amicaux ou professionnels. Ce sont les personnes vers qui on se tourne…
Rêver d’un autre métier, mais rester immobile : fantasme ou inhibition ?
Certaines personnes parlent souvent d’un autre métier, d’une autre vie. Elles se projettent dans un ailleurs plus libre, plus aligné, plus vivant. Mais ce rêve ne se concrétise jamais. Il revient, insiste, se transforme parfois, mais ne s’incarne pas. Ce décalage entre l’élan imaginé et l’action absente n’est pas un simple manque de courage ou de méthode : il révèle une tension plus intime, entre un désir qui cherche à émerger et une inhibition qui l’empêche de prendre forme. Le projet professionnel devient alors le théâtre d’un conflit intérieur, où le fantasme protège autant qu’il entrave. La projection comme espace protégé du réel Imaginer un autre métier, c’est déjà sortir, en pensée, du cadre existant.…
Pourquoi le travail d’équipe peut devenir un piège silencieux
Le travail d’équipe est valorisé, encouragé, presque sacralisé dans le monde professionnel. Il incarne la coopération, l’intelligence collective, l’efficacité partagée. Pourtant, derrière cette image idéale, certains collectifs peuvent devenir des espaces de tension implicite, d’effacement de soi ou d’hypervigilance constante. Ce n’est pas l’équipe qui…
Quand le silence devient stratégie : les enjeux du salarié discret
Certain·es salarié·es s’effacent dans les réunions, parlent peu en open space, ne revendiquent ni leurs mérites ni leurs limites. Ils ne dérangent pas, ne s’imposent pas, ne dévient pas. On les décrit comme « discrets », « posés », « professionnels », parfois « transparents…
Le formateur comme figure de transfert : guide, parent ou rival ?
Dans toute situation d’apprentissage, il existe une dynamique visible — celle de la transmission de savoir — et une dynamique plus souterraine : celle du transfert. Le formateur n’est jamais seulement un enseignant. Il devient, souvent à son insu, le support d’une projection affective inconsciente qui…
Les souvenirs gustatifs comme ressource émotionnelle
Il suffit parfois d’une bouchée pour que le passé resurgisse. Le goût d’un gâteau à la fleur d’oranger, d’un plat mijoté, d’un pain encore chaud peut réveiller, en un instant, une scène ancienne, un visage…
Pourquoi certaines personnes ne supportent pas l’inactivité ?
Certaines personnes peinent à rester sans rien faire. Même une heure libre semble de trop. Elles remplissent, organisent, s’activent — comme si chaque minute devait justifier son existence. Cette intolérance à l’inactivité ne relève pas…
Retrouver le goût de manger : quand l’alimentation redevient un plaisir
Dans un quotidien rythmé par les impératifs, les repas deviennent parfois des parenthèses expédiées ou des champs de lutte intérieure. Trop gras, trop sucré, pas assez sain, trop vite mangé : chaque bouchée semble devoir…
Toujours mieux, toujours plus : la suradaptation sous couvert de croissance
“Ne jamais cesser de progresser”, “sortir de sa zone de confort”, “devenir la meilleure version de soi-même”. Ces mantras, omniprésents dans le développement personnel, semblent porteurs de dynamisme et de dépassement. Mais ils peuvent aussi…
Vouloir être compris sans avoir à parler : un désir d’amour primitif ?
On entre parfois en thérapie avec l’espoir d’être enfin compris, mais sans trop en dire. C’est une attente rarement formulée,…
Pourquoi il est si difficile de choisir un psy
Il existe aujourd’hui une multitude d’approches thérapeutiques, de profils, de formats. Et pourtant, au moment de choisir un psy, nombreux…
Les psychologues sont-ils des manipulateurs ?
La figure du psychologue suscite parfois une méfiance : il « lit dans les pensées », il « sait ce…
Le burn-out est-il une pathologie ou un cri du corps ?
Longtemps perçu comme un simple épuisement professionnel, le burn-out est aujourd’hui identifié comme une forme de rupture intérieure. Mais au-delà du diagnostic, une question subsiste : s’agit-il d’une pathologie au sens strict, ou d’un signal d’alerte que le corps envoie pour signifier un trop-plein insoutenable ? Dans bien des cas, l’effondrement ne survient pas après un événement unique, mais après une longue période de suradaptation, de déni des besoins fondamentaux, de mise à distance des signaux d’alerte psychiques. Ce n’est pas l’événement qui brûle, mais l’accumulation silencieuse de renoncements. Une perte de contact avec soi Le burn-out apparaît souvent chez des personnes investies, consciencieuses, engagées, qui ont peu de contact avec leurs limites. Leur fonctionnement est centré sur la performance,…
Se créer un avatar idéal pour fuir ses manques intérieurs
Choisir son avatar dans un jeu vidéo peut sembler relever du pur divertissement, du simple plaisir esthétique ou stratégique. Mais derrière ce choix se joue souvent bien plus qu’une préférence visuelle. Le personnage que l’on incarne devient un support de projection, un masque malléable sur lequel s’impriment des désirs inavoués,…
Corps collectifs : quand la scène respire à plusieurs
Il y a des scènes où aucun personnage ne domine, où ce n’est pas un individu qui captive, mais l’ensemble, le groupe, l’agencement mouvant de plusieurs corps dans un même souffle. Le théâtre, art fondamentalement collectif, trouve dans ces moments choraux une puissance rare : celle d’une présence partagée, sans…
Les silences au cinéma : ce que les mots ne peuvent pas dire
Dans un art fondé sur l’image et le son, le silence au cinéma n’est jamais neutre. Il crée un espace vide où le spectateur se trouve soudainement confronté à ses propres affects, sans le filtre rassurant du langage. Là où le mot viendrait expliciter, clarifier, contenir, le silence laisse advenir…
La chambre fermée : espace de repli ou de fantasme ?
Au cinéma, la chambre fermée n’est jamais un simple décor. Qu’elle soit protectrice ou menaçante, lieu de refuge ou de folie, elle incarne une dimension intime du psychisme. Le personnage qui s’y enferme nous donne à voir bien plus qu’un geste pratique : il révèle un mouvement intérieur complexe. La…




































