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Cours de Psychologie
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2 - Le normal et le pathologique

  • Définition de la normalité

Quelles sont les références utilisées pour désigner ce qui est normal et ce qui est pathologique ? L’étymologie du terme ‘norme’ vient du latin ‘norma’ qui signifie équerre, c'est-à-dire juste milieu.

Il existe trois modèles de normalité.

  1. La normalité statistique

Elle assimile la norme à la fréquence. Dans cette optique, les individus normaux sont les individus qui se situent dans la moyenne. Sont donc considérés comme pathologiques les individus déviants vis-à-vis de la norme.

Ainsi, ce qui est normal est ce qui s’observe le plus souvent : beaucoup de tests psychologiques sont fondés sur ce postulat :

  • les tests d’intelligence dans lesquels on fixe arbitrairement le QI par rapport à 100
  • le test du Rorschach dans lequel on considère certaines réponses comme banales
  • le test du TAT : la 3ème planche est généralement admise comme représentant la tristesse
  • etc…

Ce modèle de normalité fait donc l’objet de critiques et d’obstacles qui concernent le caractère arbitraire du choix d’une limite précise dans la distribution continue d’un phénomène psychologique : le rhume est fréquent, est-il normal pour autant ? Le norme n’a donc de sens que si on la réfère à un contexte.

  1. La normalité idéale ou sociale
  1. Description

Elle désigne une perfection à laquelle on aspire et se réfère aux normes sociales : tout comportement qui n’obéit pas aux règles éthiques ou sociales est donc considéré comme pathologique.

On y assimile donc le conformisme social à une attitude normale, ceci alors qu’un excès de conformisme social peut aussi témoigner d’une attitude passive et d’une soumission silencieuse cachant une pathologie.

Les modèles sociaux peuvent également influer sur la reconnaissance d’une pathologie qui peut être considérée comme marginale ou non. Ainsi, plus la pathologie sera connue, et moins elle sera pensée comme pathologique.

Dans ce modèle, il faut également tenir compte de la position personnelle de l’observateur et que celui-ci soit conscient de ses propres références sociales, groupales ou culturelles sur le domaine en question. Nous intériorisons en effet tous un système de norme qui peut entraîner des préjugés.

Ce modèle risque donc de réduire la folie à la différence marginale alors que son origine est beaucoup plus complexe.

  1. Exemple de l’homosexualité

L’homosexualité a été longtemps considérée comme anormale et pathologique avant d’être perçue différemment du fait de l’évolution des normes sociales.

Avant 1968, la psychanalyse considérait l’homosexualité comme pathologique, puis la nosologie psychiatrique évolua pour distinguer deux formes d’homosexualité : l’homosexualité égosyntonique qui est vécue comme un mode de relation aux autres appartenant à la personnalité de l’individu et l’homosexualité égodystonique qui ne fait pas partie de l’individu et est donc source de souffrance, de culpabilité et empêche la vie sexuelle, homosexuelle et hétérosexuelle.

  1. La normalité fonctionnelle

Elle correspond à l’état qui semble le plus approprié à un individu en fonction de ses caractéristiques psychologiques propres. Ici, la référence du point de vue de la norme n’est pas extérieure, objective ou sociale, mais elle est l’individu lui-même.

La normalité peut donc être conçue comme l’épanouissement psychologique et le fonctionnement optimal des différentes composantes de la personne.

Conclusion : il n’existe pas de modèle de la normalité générale, on fait donc appel à une combinaison de ces critères pour l’analyser.

  • La normalité selon les modèles et les disciplines
  1. Normalité et psychologie clinique

Selon les disciplines, les marges de définition du normal et du pathologique peuvent se déplacer. La psychologie clinique s’intéresse à l’individu en lui-même et se réfère à ses modalités propres de fonctionnement psychologique. Ainsi un état est dit normal s’il est approprié aux caractéristiques de l’individu en question. La normalité est donc liée à la notion d’adaptation et est donc fonctionnelle. 

Les sujets qui sont en état de souffrance et sont victimes d’une incapacité à aimer et/ou à travailler, sont donc considérés comme victime d’un dysfonctionnement, sous tendant hypothétiquement une pathologie.

  1. Normalité et psychanalyse

La psychanalyse ne considère pas de différence qualitative entre un sujet normal et pathologique. Par exemple, il n’y a pas de différence de nature entre un sujet névrosé et un sujet normal. Le pathologique est une question de degré, et donc de quantité. On dit notamment que la réaction névrotique est une réaction excessive par rapport à un évènement objectivement banal : il s’agit d’un surplus de réponses.

Par ailleurs, la psychose se comprend comme une fixation à un certain stade de développement psychique. Par exemple, le psychotique est demeuré au stade fusionnel avec sa mère. Cependant, tout sujet normal a connu une stade psychotique au cours de son développement.

Il en est de même concernant le comportement narcissique : si Narcisse s’est noyé, c’est parce que son narcissisme était trop intense, mais chaque individu développe un certain degré de narcissisme.

Le sujet paranoïaque peut se sentir persécuté ou manifester un délire de jalousie à partir d’une fausse interprétation de la réalité, elle-même fondée sur la projection, un mécanisme de défense qui consiste à projeter sa propre agressivité sur autrui. Dans la paranoïa, la modalité défensive devient rigide et envahit le sujet.

Le pathologique est donc appréhendé selon une certaine souplesse des mécanismes de défense. Par ailleurs, la cure psychanalytique tente d’assouplir ces modalités défensives.

  1. Normalité et psychologie du développement

La notion de normalité est très complexe chez l’enfant car on doit se référer au développement tout en tenant compte de l’évolution individuelle. Un symptôme peut donc être normal à un certain âge et ne pas l’être à un autre.

C’est notamment le cas des cauchemars et autres angoisses nocturnes qui apparaissent de façon ponctuelle lors de l’acquisition de la marche ou de l’entrée à l’école. Le pathologique est donc lié au maintien d’une problématique dans la durée.

Enfin, le symptôme identifié doit également être mis en perspective de l’environnement familial. Définir le pathologique consiste donc à situer le trouble par rapport aux stades de développement mais également par rapport à la dynamique familiale.

  1. Normalité et psychopathologie cognitivo-comportementale

Les théories béhavioristes n’évoquent pas de différence entre le normal et le pathologique mais parlent de comportements adaptés ou non adaptés, lesquels sont expliqués par un défaut d’apprentissage.

La thérapie vise donc à apprendre au sujet, à l’éduquer de façon à développer un comportement plus adapté selon les lois du conditionnement.

  1. Normalité et psychopathologie sociale

Laing et Cooper sont les premiers à s’être intéressés aux pathologies sociales. En prenant le contre-pied de la psychiatrie, ils affirmaient que les pathologies ne provenaient pas de l’individu mais de la société, vécue comme aliénante.

Leurs travaux eurent pour conséquence d’humaniser le système psychiatrique et de développer un courant intellectuel de réhabilitation des malades mentaux, notamment au travers de l’augmentation des structures de soins externes aux hôpitaux telles que les appartements thérapeutiques.

Par ailleurs, il est important de rappeler que la considération du normal et du pathologique se modifie d’une culture à une autre. Dans les années 70, on considérait que la dépression n’existait pas dans les sociétés traditionnelles, alors que l’on sait aujourd’hui qu’elle prenait seulement une autre forme.

Certains tests tels le Rorschach sont interprétés différemment en fonction des cultures, à tel point que des réponses seront considérées comme normales en France, mais comme pathologiques aux Etats-Unis.

  1. Souffrance et pathologie

Généralement, les cliniciens font appel au critère de souffrance pour définir la pathologie. Il est en effet indéniable que la plupart des sujets consultant en psychiatrie et victimes d’un trouble psychopathologique présente des signes de souffrance et de détresse.

Il y a toutefois des cas où elle n’est pas un indicateur pertinent, comme c’est le cas dans la perversion sexuelle dans laquelle le sujet ne présente pas de souffrance, ne souhaite pas changer et présente tout au plus une certaine culpabilité.

Conclusion

La notion de normalité reste difficile à définir, elle diffère d’une thérapie à une autre, d’un modèle culturel à l’autre ou encore selon les représentations sociales. Toutefois, un critère déterminant à conserver est de considérer le sujet comme repère, en référence à son contexte de vie et à son histoire. Pour cela, tous a priori ou préjugés doivent être rejetés.

Il ne faut donc pas étiqueter les individus mais comprendre le sens des conduites et ce à quoi elles se réfèrent.

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