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Cours de Psychologie
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1- psychologie du développement

Dans ce domaine de la psychologie, on considère que le développement psychique, cognitif et social prend fin à l’adolescence. Cependant, cette limite est largement discutée par un certain nombre de chercheurs qui étudient le développement du fonctionnement mental tout au long de la vie. Par ailleurs, il est possible de considérer la vieillesse comme la seule limite valable, dans la mesure où l’individu y perd progressivement ses acquis, des capacités les plus récentes aux plus anciennes.

Ce cours étudie le développement psychique de la naissance jusqu’à l’âge de 16/17 ans.

I - Les conceptions du développement

  1. Le développement comme aboutissement

La notion de développement renvoie à une idée d’évolution vers un objectif considéré comme aboutissement. Cela suggèrerait que l’enfant progresse vers un but et oriente les pratiques des professionnels vers une mesure de la distance restant entre le développement de l’enfant à un moment donné et ce ‘but’.

Considérant cet objectif comme la capacité de raisonnement correct, Piaget fut amené à décrire l’enfant comme ‘souffrant’ d’insuffisances, ce qui lui fut d’ailleurs reproché, notamment parce que cela plaça l’adulte dans une position de ‘fonction mentale idéale’ et créa également une notion de développement ‘normal’/’anormal’.

  1. Le développement conçu dans son sens faible

Il existe des théories dans lesquelles l’atteinte d’un objectif de développement n’est pas centrale. Ce fut notamment le cas dans la première moitié du début de siècle au travers du béhaviorisme.

Pour Watson et Skinner, le développement est une simple question d’apprentissage au contact de la réalité : tout développement dépend alors de l’environnement, sans s’inscrire dans une progression particulière. Watson disait par exemple, qu’un enfant pouvait devenir ce qu’il voulait qu’il soit, au travers des seuls mécanismes d’apprentissage et de conditionnement.

II - Les mécanismes de développement : la genèse du développement psychique

  1. La maturation

Il s’agit du mécanisme biologique qui se trouve à l’origine du développement, celui-ci est d’ailleurs spectaculaire lorsqu’on considère que le nourrisson est très loin de sa maturation à la naissance. Gesell considérait ainsi que le bébé naît dans un état d’immaturité avancée.

L’acquisition de certain apprentissage dépend  de la maturation. C’est notamment le cas du langage qui ne peut se construire qu’à partir d’un certain développement.

Dans les années 90, Kail émit l’hypothèse selon laquelle le développement cognitif était lié à la vitesse de transmission de l’information dans le corps humain, celle-ci augmentant avec l’âge et la complexité des tâches réalisées.

Lorsqu’on interroge un adulte et un enfant sur les tables de multiplication, la réponse de l’adulte interviendra plus rapidement, et ce, même si l’enfant les connaît par cœur. Selon Kail, cette différence serait due à la vitesse de transmission de l’information.

  1. Les interactions

Le système de connaissances de l’enfant évolue en fonction de ce avec quoi il interagit et des nouveaux éléments de son environnement. Il s’agit ici de la base de l’hypothèse interactionniste défendue par Piaget et Wallon.

Cependant, pour que l’apprentissage se réalise, la nouveauté ne doit impliquer qu’un changement relatif. A partir de cette observation, Vigotski élabora le concept de zone proximale de développement : il s’agit du degré de nouveauté que le sujet peut intégrer et au-delà duquel il ne le pourra plus.

La formulation de cette hypothèse soulève de nombreuses questions, notamment celle de comprendre pourquoi le développement est si lent s’il résulte uniquement des interactions. Cela implique donc que les interactions, tout comme le processus de maturation, n’est pas le seul facteur de développement.

  1. L’apprentissage

Plus les enfants sont scolarisés, plus le développement intellectuel est important. A l’inverse, dans les sociétés ne disposant pas d’un système d’éducation, certaines capacités ne se développent pas : Cette observation montre que certaines aptitudes ne s’expriment que dans la mesure où elles sont sollicitées.

Ainsi, le développement psychique est issu de plusieurs phénomènes combinés qui sont la maturation, les interactions et les apprentissages.

III - La nature du développement : continuité ou discontinuité ?

La caractéristique du développement dépend du cadre théorique et des facteurs de développement étudiés. En effet, en se focalisant sur les apprentissages, on tend à considérer le développement comme continu puisque les capacités s’acquièrent régulièrement. En revanche, certaines théories, dont la théorie piagétienne mettent l’accent sur des stades de développement, le laissant apparaître ainsi comme un processus discontinu.

Piaget dira ainsi que le développement présente une continuité fonctionnelle, atteinte au travers d’une discontinuité structurale, car à tout âge, le fonctionnement intellectuel tend vers la même fonction, à savoir l’adaptation. En revanche, en fonction de l’âge, les moyens exploités varient.

Développement = continuité structurelle + discontinuité structurale
Développement = même but + outils différents             

IV - La théorie piagétienne et l’approche dite du ‘traitement de l’information’ (1960)

  1. La théorie piagétienne (1920-1960)
    1. La notion de stades

Piaget conçoit le développement tel une succession de stades :

  • de 0 à 2 ans : le stade sensorimoteur
  • de 2 à 6/7 ans : le stade pré-opératoire
  • de 6/7 ans à 11/12 ans : le stade opératoire concret
  • de 11/12 ans à 16 ans : le stade opératoire forme

Piaget élabora sa théorie sur la base d’observations qui démontraient qu’à un âge donné, le niveau de raisonnement de l’enfant est constant quelque soit le domaine concerné. Il suggère donc qu’un type de structure cognitive caractérise chaque stade.

  1. L’équilibration

Piaget considérait le développement comme le résultat d’une équilibration entre les processus d’assimilation et les processus d’accomodation.

L’assimilation se définit comme l’intégration des données de l’environnement aux structures de connaissances du sujet.

Le réel n’est toutefois pas toujours assimilable et requiert donc la modification des structures de pensée. Selon Piaget, un processus dit intelligent, est un processus renvoyant à l’équilibration. Celle-ci est le produit du fonctionnement mental.


L’accomodation, quant à elle, désigne donc toute modification des schèmes d’assimilation, sous l’influence des objets ou situations extérieures auxquels ils s’appliquent.

Elle exprime la nécessité pour tout schème d’assimilation, de s’adapter aux particularités de l’objet qu’il assimile. Ainsi, lorsqu’un schème s’applique à un objet du milieu, il doit s’adapter aux particularités de cet objet. C’est donc cette adaptation du schème général aux particularités de l’objet assimilé que Piaget appelle accommodation. La notion d’accommodation est entièrement solidaire de celle d’assimilation puisqu’il s’agit toujours de l’accommodation d’un schème d’assimilation (Extrait de LEGENDRE-BERGERON, M.-F (1980). Lexique de la psychologie du développement de Jean Piaget, Chicoutimi, Québec : Gaëtan Morin Ed.).

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